03 juillet 2017
Thibault Turchet

Des boites à don dans les camping du littoral vendéen

25 campings du littoral vendéen sont équipés en boites à dons qui permettent aux vacanciers de donner une seconde vie aux objets dont ils n'ont plus l'usage.

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Comment favoriser la réutilisation et limiter le gaspillage dans l’hébergement touristique, où les vacanciers sont par définition présents sur une courte durée ? Trivalis, le syndicat mixte départemental d’étude et de traitement des déchets ménagers et assimilés de la Vendée, a décidé de relever le défi. En mai 2016, 5 collectivités se regroupent dans l’objectif de réduire les déchets liés aux activités touristiques. Première action phare : l’installation de boîtes à dons dans les campings.

Un projet pilote au coeur du pays de Saint-Gilles-Croix-de-Vie

Le concept des boîtes à don est simple : il s’agit de permettre aux habitants (ou visiteurs) de déposer les objets en bon état dont ils n’ont plus l’usage, afin de permettre leur réemploi. La boîte à dons n’est ni une boutique ni une recyclerie : c’est un simple mobilier à étagères, “dans un espace non contrôlé, ouvert 24 heures/24”, comme l’explique Romaric Lesaint, coordinateur de la démarche “Zéro Déchet, Zéro Gaspillage” sur le littoral vendéen.

A l’été 2016, les cinq collectivités du groupement (Challans-Gois Communauté, l’île de Noirmoutier, Océan-Marais-de-Monts, le Pays de Saint-Gilles-Croix-de-Vie et Les Sables d’Olonnes Agglomération) se donnent pour objectif d’installer ces boîtes à dons dans les campings. Elles mettent donc en oeuvre un projet pilote sur l’espace public au coeur du Pays de Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Inauguré en août 2016, ce projet pilote est destiné à montrer aux élus et aux gestionnaires de campings des alentours qu’un lieu “bien identifié, bien rangé” pour le don peut fonctionner.

En effet, d’aucuns craignaient que ces boîtes en bois d’une capacité de 2,3 m3 ne soient le prétexte de dépôts sauvages de déchets, mais ce n’est pas du tout ce qui a été observé. Les habitants de Saint-Gilles et des alentours se sont pris au jeu et ont enrichi la boîte à dons avec des livres, des chaussures, du petit mobilier de jardin… Le projet s’est lancé en toute simplicité : il n’y a pas eu de communication en amont, et les seules règles annoncées sur la boîte étaient d’”éviter les gros volumes, le périssable, le facilement cassable”.

La concrétisation du projet dans 25 campings du littoral

Face au succès du projet pilote, la ville de Saint-Gilles-Croix-de-Vie prend la décision de le pérenniser tandis que le groupement décide de déployer l’initiative dans les campings volontaires. D’octobre 2016 à avril 2017, les gestionnaires des établissements sont informés et impliqués dans la démarche. Recueillir leur témoignage est important pour savoir ce que les vacanciers laissent derrière eux (matériel de camping, jeux de plage, magazines…) et adapter l’initiative à un contexte d’hôtellerie de plein air. Dans le même temps, la construction des boîtes à dons est confiée à l’association d’insertion ESNOV. Le bois utilisé pour la fabrication est issu du recyclage grâce à des partenariats avec la déchèterie de La Guérinière et diverses entreprises du territoire noirmoutrin.

En mai et juin 2017, l’association ESNOV livre et installe les boîtes sur les campings. Le coût total, de la construction à l’installation, s’élève à 11 200 € TTC. C’est finalement un réseau de 25 boîtes à don, soit entre 2 et 7 dans chacune des collectivités participantes, qui sera inauguré le 6 juillet prochain. Ces campings totalisent une capacité d’accueil de 16 000 personnes, ce qui laisse présager un impact notable sur la réduction des déchets liés au tourisme !

Une gestion de proximité autonome

Pour Romaric Lesaint, l’une des forces du projet est son inscription dans une échelle micro-locale :

Décentraliser différentes initiatives et les rapprocher des gens, cela fait rentrer ces initiatives dans les quotidiens et permet de les faire adopter plus facilement.

Il compare ainsi les boîtes à don aux mini-potagers des fermes urbaines : le mode de fonctionnement peut être approprié d’autant plus facilement qu’il est au plus proche des besoins des gens. Par ailleurs, à l’instar du compostage de proximité, la boîte à dons permet de sensibiliser à l’impact des déchets tout en créant du lien social.

L’originalité du projet tient aussi au pilotage de ce réseau des boîtes à don. D’un côté, le territoire “Littoral vendéen” assure l’unité et la pérennité du projet en faisant signer une convention d’usages et de bonne pratiques aux gestionnaires : il leur est par exemple demandé d’entretenir régulièrement les boîtes et d’expliquer clairement le principe aux équipes d’animation. De l’autre, les gestionnaires ont ensuite “toute liberté” dans leur gestion quotidienne de la boîte et la façon dont ils la présentent auprès des touristes. Pour Romaric Lesaint, un symbole de cette autonomie est qu’ils peuvent peindre la boîte dans la couleur de leur choix et la “personnaliser selon sa contenance”.

Avec cette initiative, le territoire du “littoral vendéen” montre que la gestion des déchets sur les campings ne se limite pas à l’optimisation du système de collecte mais peut aussi contribuer à la réduction des déchets, dans une démarche qui implique gestionnaires, vacanciers, élus et acteurs économiques locaux. Le 10 octobre 2017, le groupement de collectivités organisera par ailleurs le premier forum sur la prévention des déchets dans les campings. Convaincu que l’exemplarité en matière de déchets deviendra une qualité recherchée par les touristes, Romaric Lesaint espère que ce forum sera l’occasion de “rendre compte de cette demande latente” et d’aller encore plus loin !

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