Adopter le zéro déchet

Tendre vers le zéro déchet dans sa vie quotidienne est le challenge choisi et relevé par des milliers d’individus et de familles depuis quelques années.

Un premier pas vers le zéro déchet

Depuis 2012, auteurs, blogueurs ou documentaristes se penchent sur ce mode de vie, souvent en l’expérimentant eux-mêmes. On compte en 2018 plusieurs dizaines de groupes de discussions francophones sur ce sujet, des milliers de contributeurs, une vingtaine de blogs de référence, et une offre de consommation qui s’adapte peu à peu à cette nouvelle demande : l’essor des boutiques spécialisées dans la vente en vrac, ou des fabricants proposant des produits lavables/réutilisables est bien sûr étroitement lié à l’émergence du mode de vie zéro déchet.

Le mode de vie zéro déchet est-il généralisable ? Pour l’instant, c’est le défi et son côté ludique qui semblent séduire en premier lieu, ce qui suppose donc une certaine motivation. Mais une grande partie des pratiques qui s’inscrivent dans cet objectif ne demandent pas de surmonter des obstacles importants et une autre partie de ces actions pourraient devenir beaucoup plus accessibles, grâce aux évolutions réglementaires récentes.

De manière générale, l’objectif zéro déchet à la maison est souvent un point de départ vers la découverte d’autres pratiques écologiques, ou une première étape avant des actions plus collectives.

Par où commencer ? Trois gestes clés

« Par quoi commencer ? » – la question revient souvent. D’une personne à l’autre, une même action pourra sembler plus ou moins facile. Il n’y a pas d’ordre ou de logique à respecter, sinon de suivre son envie pour nourrir sa motivation. En famille, décider ensemble des premières étapes à franchir peut faciliter l’adhésion de tous.

Voici pour vous inspirer trois gestes clés à fort impact sur la réduction des déchets :

  • Composter ses biodéchets : trier ses déchets alimentaires (épluchures, marc de café…) et les composter permet de diminuer ⅓ des déchets produits par les ménages. Le compost produit peut ainsi devenir un engrais naturel riche en nutriments pour vos plantes ou votre jardin. Plusieurs solutions existent : le compostage, le lombricompostage (en appartement) ou encore le compostage partagé. Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site www.biodechets.org.
  • Acheter en vrac : des boutiques spécialisées dans la vente en vrac sont d’ores et déjà implantées dans une cinquantaine de villes en France et proposent des produits aussi bien alimentaires que cosmétiques ou d’entretien. Il est également possible de supprimer les emballages jetables en s’approvisionnant au marché ou en apportant ses contenants chez son commerçant. Le kit indispensable pour acheter en vrac comporte un cabas, des sacs réutilisables en tissu ou en mousseline légère, des boîtes ou des bocaux.
  • Éviter le neuf : pour les vêtements, meubles et électroménager, livres… Première piste à explorer, celle de l’emprunt et de la location proposés par des professionnels ou des particuliers via des plateformes spécialisées facilitant la recherche et la mise en relation. Si ces solutions ne conviennent pas, vous pouvez aussi privilégier l’achat d’occasion, en boutiques spécialisées ou en ligne.

Bonus : deux gestes simples à mettre en place tout de suite !

  • Adopter le Stop Pub : nos boîtes aux lettres regorgent de publicités non désirées. Ces prospectus correspondent en moyenne chaque année à 31 kg par foyer. Avec cette action simple et concrète, chacun peut d’ores et déjà limiter la quantité de déchets qu’il jette. Pour cela, il vous suffit de télécharger un simple stop-pub à imprimer et à coller sur votre boîte aux lettres.
Télécharger votre Stop Pub
  • Trier régulièrement ses mails : même s’il est virtuel, l’envoi d’un e-mail consomme une quantité non négligeable d’énergie (utilisation d’un ordinateur, stockage dans les data centers…) avec des conséquences bien réelles sur les émissions de gaz à effet de serre et l’extraction des matières premières. Pour limiter l’impact écologique de l’envoi d’e-mails, l’Ademe évoque plusieurs recommandations : réduire les envois d’e-mails incluant systématiquement plusieurs destinataires (pour information) ; utiliser un ordinateur portable, qui consomme 50 % à 80 % moins d’énergie qu’un ordinateur fixe ; installer un anti-spam ; réduire la taille des pièces jointes ou trouver des solutions alternatives (lien hypertexte, site de transfert, cloud) ; et bien entendu trier et supprimer régulièrement les mails archivés qui ne sont plus utiles ! (source RSLN)

Savoir démarrer petit…

D’une poubelle par jour à une poubelle par an : l’horizon peut sembler inatteignable. En réalité, c’est beaucoup plus simple qu’on ne le pense, à condition de ne pas vouloir tout faire à la fois. A moins d’être extrêmement motivé, changer l’ensemble de ses habitudes d’un seul coup n’est pas la bonne stratégie si l’objectif est de tenir dans la durée.

Et y aller étape par étape

Décomposé en actions simples et successives, en préférant l’adaptation à la frustration, le mode de vie zéro déchet finit par relever le plus souvent du simple « bon sens ». Prendre le temps, c’est aussi se laisser le loisir de redécouvrir quelques plaisirs qui vont de pair avec les nouvelles habitudes prises : faire soi-même, alléger et simplifier sa vie, manger et utiliser de bons produits.

Comment évaluer sa démarche ?

Pour mesurer l’impact de ses nouvelles habitudes, on peut décider de peser ses poubelles. La démarche est un peu fastidieuse mais permet de se rendre compte précisément des progrès accomplis. Autre possibilité : une estimation en litres, en gardant le compte du nombre de sacs poubelles utilisés.

Des résultats visibles à la clé !

Dans tous les cas, il y a fort à parier que la différence sera visible à l’œil nu : les résultats des « défis familles zéro déchet » organisés par des collectivités comme Roubaix, Grenoble, Miramas ou Nantes ont récemment montré que la poubelle pouvait être réduite de moitié. A Roubaix, 25% des 101 familles engagées ont même réussi à réduire de 80 % leurs déchets, entre fin 2014 et mi 2015 !