Projet

Événementiel zéro déchet

Zero Waste France a réalisé plusieurs outils pour accompagner les organisateurs d'événements à réduire la production de déchets et le gaspillage lors de leurs manifestations.

L’événementiel, grand secteur producteur de gaspillage

Organiser un événement, et donc concentrer participants, matériel et énergie dans un même endroit et de manière éphémère, peut être à l’origine d’une forte pression sur l’environnement et les ressources naturelles. Selon l’Ademe, une manifestation moyenne de 5 000 personnes génèrerait 2,5 tonnes de déchets et consommerait 1 000 kWh d’énergie et 500 kg de papier (source : guide des éco-manifestations en Poitou-Charentes).

Qu’est-ce qu’un événement zéro déchet ?

Un événement « zéro déchet, zéro gaspillage » est donc un événement qui intègre dès sa conception la réduction de la production de déchets et limite l’utilisation de matières premières, grâce à plusieurs leviers d’actions :

  • Réduire en amont la production des déchets induite par l’événement
  • Prévoir la gestion des déchets et leur valorisation
  • Communiquer auprès de toute l’équipe organisatrice et des prestataires
  • Sensibiliser les participants

Les 12 actions

1 – Je propose l’eau du robinet

Le principe

L’eau du robinet est 100 à 200 fois moins chère que l’eau en bouteille, son transport est moins producteur de gaz à effet de serre et permet de réduire considérablement la production de déchets due aux bouteilles en plastique jetables. C’est un produit très bien contrôlé et sûr pour la santé qui peut tout à fait être proposé pour n’importe quel événement.

Mise en oeuvre

Vous pouvez vous raccorder directement au service d’eau courante ou faire appel à un camion citerne. Certaines municipalités offrent ce service sous la forme de partenariat. Suivant le type d’événement, l’eau peut être servie dans des bars à eau, grâce à des fontaines en libre service ou simplement être proposée aux participants par les serveurs ou via des carafes.

Retour d’expérience

Pour l’Eco-Trail de Paris®, événement sportif accessible au plus grand nombre, les organisateurs ont décidé de mettre en place des citernes avec rampes et ainsi éviter l’utilisation de plus de 10 000 bouteilles d’eau de 50cl pour remplir directement le gobelet réutilisable des participants ou les grands contenants nécessaires à la distribution de l’eau. «Nous évitons ainsi un double gaspillage : en général un coureur boit une gorgée d’eau puis jette directement la bouteille. Avec notre système nous préservons de l’eau et produisons moins de déchets», explique Sandrine Guyot, responsable développement durable de l’événement.

2 – Pour les repas, je passe au dur-able

Le principe

Pour éviter d’acheter des articles jetables (même compostables ou recyclables), vous pouvez proposer la version réutilisable équivalente : remplacer les assiettes en carton ou les couverts en plastique par de la vaisselle, les serviettes et les nappes en papier par du linge de table en tissu.

Le +

Ces actions très visibles sont le premier outil de sensibilisation à destination des vos participants ou invités et donne de la crédibilité à votre engagement.

Mise en oeuvre

Vous pouvez trouver le matériel nécessaire en location (pour le linge de table, la vaisselle) ou recourir à un système de prêt (pour les gobelets réutilisables par exemple). Cette recherche peut être l’occasion de développer des liens avec d’autres associations et partenaires potentiels pour mutualiser l’achat ou la location. Sur les événements de grande ampleur, un système de consigne sur certains objets permettra d’aider les participants à penser à les retourner à la fin de l’événement. L’étape du lavage de la vaisselle peut être sous-traitée à un prestataire comme Ecocup sur les gros événements. Sinon c’est aussi une excellente occasion de souder l’équipe autour d’une activité commune et de faire un retour sur la journée passée.

Retour d’expérience

OuiKit est un stock de matériel mutualisé via un réseau d’usagers pour l’organisation d’événements sans déchet. Jeanne Granger, co-responsable du projet raconte : “Grâce à la mutualisation de vaisselle, le projet permet d’éviter le gaspillage de ressources et rend possible l’organisation d’événements Zero Waste en donnant aux associations qui le souhaitent accès à un stock.”

3 – Mon objectif : le zéro gaspillage alimentaire

Le principe

Pour limiter le gaspillage alimentaire, la meilleure solution reste d’anticiper et, en dernier recours, de prévoir la possibilité de gérer les restes (via le don ou l’organisation d’une disco soupe par exemple).

Le +

Prévoir les quantités au plus juste peut représenter une économie nette. Les bénévoles, participants et organisateurs n’en seront que plus satisfaits, car jeter de la nourriture est un acte difficile.

Mise en oeuvre

Pour que le nombre de repas prévus soit au plus proche de la réalité, il est utile de faire un suivi précis des inscrits en leur posant spécifiquement la question du repas, et le cas échéant en demandant un paiement à l’avance. Pensez à anticiper la rupture de la chaîne du froid, car une fois qu’un produit frais (produits à base de viande, poissons, crème, oeufs…) est sorti,
il doit être consommé, sinon il sera jeté pour éviter tout risque sanitaire. Vous pouvez aussi proposer un choix de portions de tailles différentes pour s’adapter à l’appétit de chacun, limiter le choix, sortir les plats au fur et à mesure pour s’adapter à la consommation, proposer des doggy bags. Vous pouvez travailler avec des fruits et légumes bio qui n’ont pas nécessairement besoin d’être épluchés et prévoir des plats qui utilisent tout le légume (soupe aux fanes de radis ou chips d’épluchures de légumes).

Retour d’expérience

Sur chaque événement sur lequel elle travaille, l’entreprise sociale Phenix propose à ses clients de rentrer dans une logique d’économie circulaire. Elle redistribue les surplus alimentaires en fin d’événement et va plus loin en proposant un service traiteur antigaspi uniquement à base d’invendus. Le festival We Love Green offre ainsi grâce à Phénix un point restauration basé sur ce concept.

4 – Je sauve mes biodéchets de la décharge

Le principe

Si aucune solution spécifique n’est mise en place, les biodéchets sont mélangés avec les ordures ménagères et finissent à l’incinérateur ou en décharge. Pourtant, permettre le retour à la terre des biodéchets est un processus logique et complètement écologique. Le réflexe à adopter est donc de prévoir une filière de valorisation pour les biodéchets. Par ailleurs, depuis janvier 2012, il s’agit d’une obligation réglementaire à partir d’une certaine quantité (voir p. 20).

Le +

Séparer les biodéchets en vue de leur valorisation permet d’avoir une meilleure vision de ce qui est jeté et de mieux maîtriser le gaspillage alimentaire.

Mise en oeuvre

Si la collectivité propose un service de tri des biodéchets, il suffit d’ajouter une poubelle sur les différents points tri de l’événement. Sinon, pour les petits événements, il est possible d’utiliser un lombricomposteur. Pour les plus gros événements, un prestataire ou une association peuvent venir récupérer les biodéchets sur place en vue de leur valorisation par compostage ou méthanisation.

Retour d’expérience

Caroline Varrall, en charge de la mise en oeuvre des actions éco-responsables pour Marsatac (à Marseille) raconte la mise en place du compostage sur le festival : « une équipe de bénévoles intervient pour faire de la sensibilisation auprès des cuisiniers, des participants mais aussi des restaurateurs présents pour le public, notamment les foodtrucks. Dans un second temps, nous collectons les biodéchets (épluchures, restes de repas) et les dirigeons pour qu’ils soient valorisés. L’année dernière, tous nos déchets organiques, notamment ceux des toilettes sèches ont été pris en charge par le même prestataire qui a une unité de compost. Pendant notre festival, nous produisons ainsi plus de 500 L de compost.”

5 – Je réduis ma consommation d’emballages

Le principe

Le système de la dosette s’est généralisé, et pour la pause-café d’un événement on opte presque systématiquement pour les monodoses : café, sucre, jusqu’aux petits gâteaux emballés individuellement… Il existe pourtant des solutions moins productrices de déchets. Pour le café, le sucre, le sel, le thé, les condiments, les sauces, optez pour du vrac ou des grands conditionnements. Pour les boissons : les fontaines ou les fûts !

Le +

Le vrac et les grands conditionnements sont souvent moins chers que les monodoses. Par exemple un café standard (avec dosette et petit sachet de sucre) coûte 0,62€ le café soit 62€ pour 100 cafés alors qu’un café zéro déchet (café en machine et une cuillère de café) revient à 0,11€ soit presque 6 fois moins cher.

Mise en oeuvre

Vos fournisseurs habituels proposent peut-être les produits dont vous avez besoin en grand conditionnement avec retour possible des emballages. Si vous optez pour un achat en magasin spécialiste de la vente en vrac, pensez à apporter vos sacs réutilisables. Enfin, n’oubliez pas d’emprunter ou de louer le matériel nécessaire à la distribution (sucrière, pinces etc).

6 – Je trouve des alternatives au neuf pour la déco

Le principe

Un événement s’appuie souvent sur un aménagement et une décoration spécifiques, et beaucoup de choses sont achetées neuves et jetées dès la n de l’événement (moquettes, décoration de table, etc). Il est possible de garder l’aspect unique d’un événement tout en sortant de cette logique. Le matériel, la décoration et autres éléments nécessaires peuvent être loués, empruntés, mis en commun ou achetés de seconde main.

Le +

Créer la décoration nécessaire pour un événement peut être l’occasion de proposer une activité de «team-building» autour du principe de l’upcycling (récupérer des matériaux et objets pour créer quelque chose de nouveau et ainsi redonner de la valeur à ces matériaux).

Mise en oeuvre

Des sites de location comme fr.zilok.com proposent de louer tout le matériel nécessaire à la mise en place d’un événement, du barnum aux nappes en passant par la machine à barbe à papa. D’autres prestataires peuvent vous proposer une location de plantes comprenant la livraison, l’installation et la récupération incluses. Pour les achats de seconde main, pensez aux recycleries et ressourceries. Vous pouvez aussi récupérer du matériel gratuitement sur donnons.org, recupe. net ou d’autres plateformes similaires.

Retour d’expérience

L’entreprise Phenix approvisionne les designers et architectes en matériaux de récupération afin de créer une scénographie éco-conçue et a mis en place en aval un circuit de récupération des produits valorisables.

7 – Je négocie avec mes fournisseurs

Le principe

Lors d’une commande, vous réfléchissez au produit que vous souhaitez mais il n’est pas évident de connaître son emballage, d’où l’intérêt de discuter avec le fournisseur pour se renseigner sur les emballages, trouver la bonne alternative au produit souhaité et évoquer les possibilités de consigne et de reprise des emballages de transport.

Le +

Cette action permet de sensibiliser et engager d’autres acteurs dans votre démarche. Se faire livrer sans emballages superflus vous fait aussi gagner du temps à la livraison et de la place lors du stockage.

Mise en oeuvre

Vous pouvez informer vos fournisseurs de votre démarche dès le départ grâce à un protocole d’entente et lui signaler que vous n’avez pas besoin d’emballages individuels. Vous pouvez réclamer de grands conditionnements et vous renseigner sur la reprise des emballages et contenants de livraison : les bouteilles et leurs caisses ou fûts peuvent notamment être repris via un système de consigne.

Retour d’expérience

Le festival ardennais, Le Cabaret Vert se fait livrer la totalité des boissons servies aux festivaliers dans des contenants consignés. Les emballages qui ne repartent pas sont livrés : les t-shirts de l’équipe et du stand souvenir sont livrés par carton de 100 pièces et non emballés individuellement.

8 – Je collecte les objets réutilisables

Le principe

Cette action est particulièrement pertinente pour des événements réguliers (réunions d’entreprise, salons professionnels, etc.) et les objets non personnalisés. Un badge transparent distribué à l’entrée, un stylo et un bloc notes, une clé USB d’informations ou
un plan mis à disposition (et non remis automatiquement) sont souvent réutilisables. Le principe est alors simple : collecter à la fin de l’événement ce qui ne sera plus utile au participant, mais pourra resservir lors d’une prochaine manifestation.

Le +

Chaque objet récupéré représente une petite économie pour l’événement suivant. Il est aussi possible de mutualiser le stock récupéré (pour les badges par exemple) avec d’autres organisateurs.

Mise en oeuvre

Ne procédez pas à une distribution automatique mais mettez à disposition des participants. À la sortie de votre événement, disposez des bacs de récupération. Vous pouvez mettre en place une incitation à retourner l’objet, comme un système de consigne (sur les gobelets par exemple) ou une autre forme de motivation comme une boisson gratuite ou un tirage au sort
sur les badges restitués. Les bacs de récupération peuvent aussi représenter des projets et chaque participant vote pour son projet favori en déposant son badge ou autre objet dans le bac associé.

Retour d’expérience

Catherine Boulay, référente développement durable chez Exponantes, explique la démarche de la société : “Nous agissons sur le recyclage, le compostage mais aussi sur la réutilisation. Pour nos événements, nous mettons en place des bacs de récupération des badges. C’est un objet fréquemment utilisé en salon, cela évite d’en acheter à chaque fois.”

9 – Je sensibilise au tri

Le principe

Pour que le tri soit efficace en vue d’une valorisation importante, il est nécessaire de proposer des points de tri visibles, de sensibiliser les participants, de s’assurer que le tri soit respecté et que les abords des poubelles restent propres pour encourager chacun à continuer de respecter le lieu.

Le +

Comme pour l’utilisation de vaisselle et de linge de table réutilisables, un déploiement efficace des points de tri donne une réelle visibilité à votre engagement et permet de sensibiliser les participants qui ne feraient pas encore le tri chez eux par exemple.

Mise en oeuvre

Les points de collecte doivent être placés à des endroits stratégiques (près du buffet), l’affichage des consignes de tri doit être clair (utilisez un code couleur par exemple). Pour les événements d’ampleur, il est souvent nécessaire de former une brigade de tri pour accompagner le geste de tri du public et le sensibiliser. La sensibilisation ainsi que la gestion du tri sélectif peuvent être faites de manière ludique et être gérées par une structure spécialisée comme les Connexions, association de gestion des déchets événementiels. Il est ensuite nécessaire de s’assurer que chaque ux est bien pris en charge par le bon acteur en vue de sa valorisation.

Retour d’expérience

Quentin Sibéril, responsable du développement durable pour le Festival des Vieilles Charrues à Carhaix raconte la mise en place d’un jeu autour de la collecte des déchets : « Les festivaliers pratiquent le tri dans des sacs poubelles. En échange d’un sac bien trié rapporté aux stands prévus à cet effet, les participants remportent des points leur permettant notamment de gagner des visites en “backstage” ou encore des places pour la prochaine édition.”

10 – J’installe des toilettes sèches

Le principe

Sur certains événements, lorsque des toilettes portatives sont nécessaires, passez aux toilettes sèches! Elles n’utilisent pas d’eau mais une matière ligneuse, ce qui permet d’en faire du compost. Si l’installation de ce type de toilettes est impossible, en l’absence de prestataire dans la région par exemple, pensez à utiliser les eaux de récupération pour les chasses d’eau.

Le +

Le premier gros avantage des toilettes sèches est l’économie d’eau. Le festival le Cabaret Vert a ainsi économisé plus 940 000 litres d’eau en 2014, soit environ l’équivalent de 9400 bains. De plus, les toilettes sèches sentent meilleur que les toilettes chimiques et améliorent vraiment l’image d’un événement.

Mise en oeuvre

Le plus simple pour la mise en oeuvre est de faire appel à un prestataire spécialisé qui prendra en charge l’installation, l’entretien, le démontage

Retour d’expérience

Aline Weber, responsable de la communication à la mairie du 18e arrondissement de Paris ne voit que des avantages à ce système. “Par rapport à des toilettes standards ou des toilettes chimiques, c’est écologique, demande moins d’entretien et n’est pas source d’odeurs désagréables.” Lorsque l’organisateur de la Fête des Vendanges de Montmartre lui a proposé d’installer des toilettes sèches pour l’événement, c’est donc avec enthousiasme que la mairie a saisi l’opportunité.

11 – Je limite les cadeaux et objets gratuits

Le principe

Lors d’événements d’entreprises ou de salons sponsorisés, les partenaires affichent leur présence avec des petits cadeaux (stylos, carnets, goodies divers) souvent superflus. Même si un carnet ou un stylo sont utiles dans l’absolu, en avoir un stock chez soi n’est pas nécessaire et est source de déchets. L’objectif est de redéfinir l’utilité du cadeau afin de trouver la meilleure alternative.

Le +

Le partenaire peut remplacer ses goodies par des expériences supplémentaires pour les participants, proposer une alternative plus écolo et originale et améliorer ainsi son image.

Mise en oeuvre

Si vos partenaires ont besoin de visibilité, ils peuvent, au choix, offrir le buffet, personnaliser les fruits ou la nourriture notamment grâce à des tampons à encre comestible, aménager un espace détente, proposer une animation (bar à jus de fruits, massage, séance de yoga…). Si le but est de laisser un souvenir, le gadget est remplacé par un stand photo. La mise en place d’un sac de goodies virtuel est aussi une belle opportunité de communication et de proposition de contenu aux participants.

Retour d’expérience

Pour l’édition 2015 du Ouishare Fest, le traditionnel sac de goodies a été remplacé par son équivalent numérique, comprenant des cadeaux dématérialisés tels que des coupons de découverte pour de nouveaux services, contribuant ainsi à réduire la distribution de cadeaux physiques. Donatienne Lavoillotte, nous explique : “L’objectif est multiple : ne plus avoir d’objets dont l’utilité est relative à chacun, proposer du contenu à valeur ajoutée aux participants qui perdure au delà de l’événement.”

12 – J’adapte mes supports de communication

Le principe

Qu’elle soit imprimée ou dématérialisée, toute action de communication a un impact et il est donc important d’avoir une réflexion de fond afin d’établir l’utilité de chaque support de communication pour choisir le plus pertinent. L’impression consomme de l’énergie, du papier et de l’encre mais attention à ne pas tomber dans le tout numérique, au risque d’avoir un impact plus important (énergie consommée par les serveurs, risque que les participants impriment davantage à domicile et pas nécessairement de manière écologique, fracture numérique). Il faut donc adapter votre communication à la logique de l’événement.

Le +

Cette réflexion permet de poser les bonnes questions et d’optimiser la portée des campagnes de communication menées.

Mise en oeuvre

Proposez du numérique pour des informations qui n’auront pas besoin d’être consultées plusieurs fois. Au contraire, pour le programme et le plan complexe d’un événement de plusieurs jours, il sera plus pertinent de proposer une version papier éco-imprimée. Pour les supports papier, préférez les grandes af ches aux yers et concevez-les de façon à pouvoir les réutiliser (en évitant par exemple d’apposer la date ou le nom de l’événement sur de la signalétique pouvant être réutilisée à d’autres occasions). Prêtez également attention aux matériaux utilisés (plus ou moins solides suivant l’usage), au format, aux finitions (supports plastifiés ou non suivant que l’on prévoit de les réutiliser ou de les recycler), ainsi qu’au volume. Vous pouvez aussi créer des supports multi-fonctions ( flyer, entrée, bon consommation). Dans tous les cas, il est préférable de mettre à disposition plutôt que de distribuer systématiquement. Enfin, vous pouvez utiliser des cleantags, c’est-à-dire un pochoir au sol ou sur les murs, dont le visuel est tracé grâce au nettoyage de la surface et non à l’utilisation de peinture.

 

Aspects réglementaires

À la fin de mon événement, puis-je donner les denrées?

Afin de limiter le gaspillage, le don de denrées alimentaires est possible, en respectant quelques règles de sécurité et de traçabilité. Le tri doit être fait par le donateur avant le ramassage par l’association choisie. Certains produits sont à éviter (crustacés, poissons) et d’autres sont interdits (viandes hachées, produits abîmés ou à la DLC dépassée). Un bon de sortie doit être signé par l’association qui récupère les denrées alimentaires et en devient responsable. Le transport doit être effectué de sorte à ne pas rompre la chaîne du froid mais
il existe une tolérance pour les trajets courts (moins de 50km). N’hésitez pas à vous référer au guide du don alimentaire de la FCD (voir p.20). Sur des événements d’envergure, vous pouvez aussi faire appel à un intermédiaire spécialisé (voir p. 20).

Qui est responsable des déchets produits : l’organisateur de l’événement ou le gestionnaire du lieu ?

Depuis 2010, il existe de nouvelles obligations pour les producteurs et détenteurs de déchets, qui doivent en assurer ou en faire assurer la gestion. Le producteur de déchets, en général l’organisateur de l’événement, est responsable des déchets qu’il produit. En cas de problème, les autorités peuvent également se tourner vers le gestionnaire en charge du lieu. Il existe une co-responsabilité entre organisateur, gestionnaire du lieu et le traiteur, le cas échéant. Les différents acteurs ont donc tout intérêt à collaborer. Dans le cadre d’un événement, les parties prenantes (organisateur et gestionnaire du lieu) ont tout intérêt à signer une convention incluant les détails concernant la gestion des déchets.

Est-il obligatoire de faire le tri sur un évènement ?

En tant qu’organisateur, je suis tenu de suivre le règlement de collecte de la commune sur laquelle se déroule mon événement. Mais c’est au gestionnaire du lieu de mettre en place un système de tri. En ce qui concerne les biodéchets (déchets organiques), le code de l’environnement prévoit que les gros producteurs de biodéchets sont tenus de mettre en place un système de tri à la source en vue d’une valorisation. Dans le cadre d’un événement, il peut arriver qu’une petite structure non soumise elle-même à l’obligation de tri au regard des quantités produites, organise un évènement au sein d’une salle dont le gestionnaire est soumis au tri des biodéchets (en raison de la quantité produite sur l’année). Le petit organisateur n’a pas d’obligation légale, mais le gestionnaire de la salle si. Il a tout intérêt à imposer ses conditions de collecte séparée a n de respecter les textes de loi qui imposent
le tri, notamment le tri à la source des biodéchets. Ces conditions peuvent être mentionnées dans la convention de gestion des déchets. Il est possible de prévoir des pénalités en cas de tri incorrect par l’occupant.

Outils pratiques

Zero Waste France a réalisé plusieurs outils pratiques complémentaires pour accompagner les organisateurs d’événements dans l’application concrète d’une démarche de réduction des déchets :

Grille d’auto-évaluation : quels critères zéro déchet peuvent s’appliquer à votre événement, et quelles solutions mettre en place ? Aidez-vous de cette grille d’auto-évaluation pour comprendre votre marge de progression et trouver des solutions adaptées.

Fiches pratiques et méthodologiques :

Guide Ouikit : Vous souhaitez reproduire le modèle du Ouikit ailleurs en France ? Zero Waste France vous propose un guide pour consister votre propre stock de vaisselle réutilisable

Le Ouikit, une solution de vaisselle réutilisable

Zero Waste France propose, avec le soutien de la Maison du Zéro déchet, du prêt de matériel événementiel sur la base d’un stock constitué par OuiShare. Destiné aux citoyens et organisateurs d’événements, ce stock de vaisselle réutilisable, hébergé à Paris, vise à limiter le gaspillage de ressources par la mutualisation de matériel, et à insuffler une culture de la collaboration entre organisations locales. Grâce à ce projet, plus de 10 000 objets (assiettes, gobelets, couverts…) sont prêtés chaque année et autant d’objets jetables évités.

Faire une demande d’emprunt du Ouikit

Sites utiles

  • Guide des éco manifestations en Poitou-Charentes, Ademe, 2008
  • Matelo, plateforme nationale pour louer, prêter et mutualiser le matériel événementiel
  •  Écocup, emprunter ou de louer de la vaisselle réutilisable pour vos événements
  •  Artstock réemploi de décors, accessoires et équipements scéniques issus de la production artistique
  •  Disco Soupe, session collective et ouverte de cuisine de fruits et légumes rebuts ou invendus dans une ambiance musicale et festive
  •  Phénix, scénographie écoconçue et redistribution des surplus alimentaires

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