Projet

Consigne sur le verre : pour qu’elle revienne !

Assistera-t-on au retour de la consigne sur les bouteilles ? Et de quelle consigne parle-t-on ? Participez à notre campagne pour soutenir une consigne sur le verre. Le moment est crucial, car les parlementaires voteront à l'automne un texte sur le sujet !

C’est le moment de se mobiliser !

Zero Waste France milite pour le retour de la consigne sur les emballages en verre, qui permettent leur réutilisation après lavage et évitent donc d’utiliser des emballages jetables.

La consigne sur le verre est largement plébiscitée par les citoyens, mais le dispositif de consigne imaginé en France pourrait ne concerner que les bouteilles plastiques.

Pour que la consigne sur le verre revienne, c’est LE moment d’écrire à vos députés et députées !

Pour faire entendre votre voix, nous avons décidé de miser sur l’originalité : envoyez-nous par voie électronique ou par courrier postal votre message demandant le retour de la consigne sur le verre à destination des députés. Tous les messages seront réunis par l’équipe de Zero Waste France, déposés dans une bouteille en verre et transmis à vos représentants. A envoyer AVANT LE 25 octobre ! 

Une grande opération de distribution aux députés de bouteilles en verre contenant tous vos messages sera organisée quelques jours avant le vote crucial à l’Assemblée nationale !

Envoyez un message à vos députés pour leur demander de soutenir la consigne sur le verre

Par voie électronique ou postale

Je participe

Les propositions de Zero Waste France

Pour voir se développer de nouveau ces systèmes de réutilisation des emballages en verre en France, il ne suffira pas de déclarer dans une loi le retour de la consigne. Il faut également lever les freins d’ordre technique, économique et réglementaire qui incitent aujourd’hui au “tout-jetable” en matière d’emballages.

En plus du principe du retour de la consigne sur le verre, Zero Waste France porte 4 grandes propositions dans le cadre du projet de loi anti-gaspi débattu cette automne :

Obliger les grandes entreprises productrices de boissons à atteindre une proportion minimale d’emballages réutilisables pour leurs produits

Ce seuil minimal d’emballages réutilisables consignés (par ex. 15 % en 2021) serait amené à augmenter progressivement au fil des ans.

Obliger les grandes surfaces (plus de 400m²) à reprendre les emballages en verre consignés pour réutilisation contre le paiement de la consigne au client

Cette obligation de reprise serait applicable y compris si les produits consignés rapportés ne sont pas vendus dans le supermarché en question, pour ne pas discriminer les produits en verre consignés.

Financer les infrastructures nécessaires à la conception, au lavage et à la collecte des emballages en verre consignés

Le financement de ces nouvelles infrastructures (laveuses, espaces de stockage..) pourrait être assuré notamment par une part des éco-contributions payées par les emballages jetables (1 % du chiffre d’affaire de l’éco-organisme CITEO dès 2020).

Développer des emballages standardisés pour les bouteilles, mais aussi les boîtes, pots et bocaux

Pour limiter le nombre de formats d’emballages en verre disponibles et ainsi permettre une mutualisation des emballages entre plusieurs marques. La démarche pourrait être impulsée par l’État, en concertation avec les fédérations professionnelles, l’ADEME et les associations. Il s’agit aussi d’interdire certaines colles pour étiquettes qui compliquent le lavage des emballages en verre.

Les questions que vous vous posez sur la consigne

La consigne, comment ça marche ?

La consigne désigne une somme d’argent supplémentaire (quelques centimes) payée à l’achat d’un produit emballé à son point de vente et qui est retourné à l’acheteur lorsqu’il rapporte l’emballage vide. Historiquement, la consigne était appliquée en France sur les bouteilles et emballages en verre, pour permettre leur réutilisation (récupération, lavage et re-remplissage du récipient). Cette pratique a progressivement disparu au profit des emballages jetables, notamment en plastique.

La consigne : une alternative aux emballages jetables ?

Oui, lorsqu’elle permet de collecter les emballages en verre… en vue de leur réemploi (= consigne pour réemploi) ! Ceux-ci, conçus pour résister à plusieurs réutilisations, sont alors lavés puis remplis à nouveau et remis dans le circuit. Une seule bouteille peut être réutilisée une vingtaine de fois, et donc se substituer à autant  de canettes, de bouteilles en plastique ou en verre jetable ! Mais la consigne peut également être appliquée sur des emballages à usage unique (= consigne pour recyclage). Dans ce cas, les bouteilles récupérées (plastique, canettes, etc.) seront envoyées à des usines de recyclage, de manière similaire à ce qu’il se passe quand elles sont triées dans le bac de tri. Dans ce cas, l’objectif de la consigne n’est pas d’éviter l’emballage jetable, mais d’améliorer les taux de collecte et de tri, pour un gain environnemental bien moindre que la réutilisation.

La consigne sur le verre : quels bénéfices pour l’environnement ?

Réutiliser  les emballages peut permettre de réduire de 65 à 85 % son impact environnemental global. Les performances environnementales du dispositif varient selon plusieurs critères : distances et modes de transport, nombre de réutilisation, performance de lavage, matériaux utilisés, etc. Ainsi, la consigne pour réemploi peut être bénéfique pour l’environnement également sur de longues distances (plus de 300 km), à condition que les bouteilles soient réemployées de nombreuses fois et que la logistique soit optimisée. De même, le lavage des emballages ne consomme pas nécessairement plus d’eau que les emballages jetables, la fabrication d’un emballage en plastique ou en verre nécessitant également une forte consommation d’eau. L’exemple du système de consigne pour réemploi mis en place par la brasserie Météor en Alsace donne une idée du gain environnemental potentiel de ces dispositifs s’ils sont déployés de manière efficace : une étude de 2009 a démontré que ce dispositif  permettait d’économiser 76 % d’énergie primaire, d’éviter 79 % d’émissions de gaz à effet de serre et d’utiliser 33 % d’eau en moins par rapport à des bouteilles en verre à usage unique.

Par ailleurs, la consigne pour réemploi permet de diminuer le nombre d’emballages à recycler, incinérer ou enfouir en fin de vie, et donc de limiter la dispersion de polluants et nuisances due à ces modes de traitement des déchets. Elle permet aussi de s’attaquer à la pollution plastique et à son impact sur la biodiversité : de nombreuses alternatives consignées pourraient se substituer aux bouteilles en plastique, aux emballages alimentaires (bocaux, yaourts, etc.) et aux contenants de la restauration à emporter.

La consigne sur le verre : quels autres intérêts ?

Des économies d’abord ! La réutilisation de l’emballage permet d’éviter au consommateur d’acheter un nouvel emballage à chaque nouvel achat de produit. La consigne est un dépôt qui est rendu quand l’emballage est rapporté. Une fois les investissements dans un parc de bouteilles réalisés, la consigne peut également permettre aux producteurs de faire des économies. Les Alsacien-nes achètent ainsi à prix similaire et jusqu’à 25 % moins chers leurs bières et eaux vendues dans des bouteilles consignées en grande surface, par rapport à leurs équivalents conditionnés dans des emballages à usage unique. A terme, le réemploi des emballages participerait également à la redynamisation des économies locales et permettrait de créer des emplois non délocalisables pour le lavage, par exemple.

Vidéo présentant un circuit de consigne

La consigne sur les bouteilles en verre, est-ce que ça existe déjà ?

En France, 30 à 40 % des bouteilles sont encore consignées pour être lavées et remplies à nouveau dans les cafés-hôtels-restaurants, où la consigne concerne aussi de nombreux fûts de bière en inox. Le système a également perduré dans les supermarchés alsaciens : 25 millions de bouteilles sont encore réemployées chaque année dans cette région et 30 % des magasins y sont équipés de machines de déconsignation. Ailleurs sur le territoire, plusieurs projets s’attèlent à faire réapparaître les bouteilles en verre consignées sur nos tables !

A l’étranger, les bouteilles réemployables sont toujours populaires dans plusieurs pays. A l’échelle de l’Europe, 21 % des boissons sont vendues dans des bouteilles réutilisables et réutilisées, mais ce taux peut monter à 82 % pour les bières en Allemagne, par exemple.

Présentation de la consigne alsacienne

La consigne ne vaut-elle que pour les bouteilles ?

Nous avons souvent en tête l’image des bouteilles de lait ou de bière lorsque nous pensons à la consigne, or celle-ci peut s’appliquer à tout type d’emballages alimentaires : boîtes à repas pour la vente à emporter, gobelets à café, écocups dans les festivals, bacs de transport pour livrer les épiceries et commerces de bouche, bocaux, etc. Il existe également des initiatives en dehors du domaine de l’alimentaire, portant par exemple sur les emballages postaux utilisés pour la vente en ligne, la vente de cosmétiques ou produits de maquillage dans des flacons consignés, les bidons pour les produits d’entretien, etc. La consigne est également pratiquée dans le domaine industriel sur certaines palettes en bois et caisses de transport. Dans tous ces exemples, elle est un outil formidable pour RÉUTILISER plutôt que jeter !

Des exemples de boîtes à repas consignées : En Boîte Le Plat à Toulouse et Reconcil à Paris.

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Pourquoi consigner ses bouteilles en verre ?

Découvrez le fonctionnement et les avantages de la consigne sur le verre.

Sur le terrain

Depuis quelques années, de nombreux projets de consigne pour réemployer les emballages se développent un peu partout sur le territoire français. Ces porteurs et porteuses de projet rencontrent cependant de nombreux freins techniques, législatifs ou financiers. Afin d’aider ces initiatives, Zero Waste France participe très activement à la structuration du Réseau Consigne, une association nationale pour les rassembler, les aider à lever ensemble ces freins et leur fournir les outils et informations utiles à leur développement.

En savoir plus sur ces projets

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