06 mai 2015
Thibault Turchet

Le projet de décharge de Saint-Escobille : l’occasion manquée du Conseil d’Etat

Le Conseil d’Etat vient d’annuler la décision de la Cour d’appel de Versailles, qui annulait elle-même le caractère « d’intérêt général » du projet de décharge porté par SITA à Saint-Escobille (91).

Newsletter
Partager
Bluesky

Le projet de la décharge de Saint-Escobille remonte à plus de dix ans. La société privée SITA, porteuse du projet,  prévoyait la création d’un centre de stockage de déchets ultimes d’une capacité annoncée de 150.000 tonnes/an pour une période de 10 ans. L’enquête publique de 2009 s’était soldée par l’autorisation préfectorale qui classait la décharge comme « Projet d’intérêt général ».

Le combat juridique de l’Association de défense de la santé et de l’environnement (ADSE), la Commune de Saint-Escobille, la Commune de Mérobert et la Chambre interdépartementale d’agriculture d’Ile-de-France a commencé avec un recours devant le Tribunal administratif contre l’autorisation préfectorale d’exploitation, qui a été rejeté par jugement du 13 décembre 2011.

Suite à l’appel des opposants au projet, la Cour administrative d’appel de Versailles a annulé  l’arrêté qualifiant la décharge de « projet d’intérêt général ». La décision du 21 novembre 2013 était une victoire contre ce projet et surtout pour la démarche vers une société zéro déchet.

Mais le 30 mars 2015, la décision du Conseil d’Etat, qui est intervenu après recours de la Société SITA, est tombée de façon implacable en annulant l’arrêt de la Cour administrative d’appel de Versailles .

C’est ainsi que le Conseil d’Etat a statué que: « les atteintes à la propriété privée, le coût financier et éventuellement les inconvénients d’ordre social ou l’atteinte à d’autres intérêts publics qu’elle comporte ne sont pas excessifs eu égard à l’intérêt qu’elle présente ». La politique d’enfouissement des déchets doit donc prévaloir sur la préservation des terres agricoles, sur les politiques de réduction à la source des déchets et sur le principe de proximité…

Si l’intérêt pour la protection de l’environnement et la démarche “Zero Waste” ressort fortement de l’arrêt de la Cour administrative d’appel, il en va malheureusement différemment en ce qui concerne la décision du Conseil d’Etat.

Nous ne pouvons que regretter cette occasion manquée pour le Conseil de faire évoluer l’état du droit actuel dans un sens plus respectueux de l’environnement et de la démarche Zero Waste. Il ne reste plus qu’à attendre la nouvelle décision de la CAA de Versailles (devant laquelle l’affaire a été renvoyée), et à soutenir l’ADSE et tous ceux qui luttent contre ce projet.

L’arrêt du Conseil d’Etat

Actualités

08 juillet 2026

Filière textile : un nouveau cahier des charges inadapté aux enjeux de surproduction

Après un an de discussions, le gouvernement a proposé un nouveau cahier des charges pour la filière des déchets textiles. L’accent est mis avant tout sur le développement du recyclage, sans cherch[...]

07 juillet 2026

Filières REP : la prévention reléguée au dernier plan

En 2020, la loi AGEC a ajouté la prévention des déchets parmi les missions des filières REP. Six ans plus tard, les mises en marché et les quantités de déchets produites ne cessent d'augmenter, ta[...]

18 juin 2026

Fast fashion : victime des lobbies, la loi adoptée mais fragilisée lors de la CMP

Après plus de deux ans d’attente et de multiples blocages, la commission mixte paritaire (CMP) chargée d’examiner la proposition de loi visant à réduire l’impact environnemental de l’industrie tex[...]

à la une
15 juin 2026

Plan plastique : les propositions des associations environnementales

Alors que le Gouvernement prévoit de présenter la version finale de son Plan Plastique ce mardi 16 juin, les associations environnementales publient ce jour dans Vert le média 15 propositions pour[...]

15 juin 2026

Shein seule sur le banc des accusés : la loi anti fast-fashion risque de rater son coup

Alors que la commission mixte paritaire (CMP) de la loi anti fast-fashion vient d’être convoquée pour ce 17 juin, la Coalition Stop Fast-Fashion rappelle que l’ambition initiale du texte était de [...]

11 juin 2026

Réemploi des emballages : le déploiement de la consigne à la peine

2 ans après l’annonce du déploiement de la consigne pour réemploi des emballages dans 4 régions, Zero Waste France publie ce jour les résultats de l’enquête menée par son réseau de groupes locaux [...]

05 juin 2026

Interdiction de la vaisselle en plastique dans les cantines : les ONG se félicitent d’une première victoire à l’Assemblée nationale

Débattue hier à l’Assemblée nationale, la proposition de loi visant à garantir l'interdiction de la vaisselle en plastique dans la restauration collective accueillant du jeune public et liée à la [...]

28 mai 2026

Vente en vrac : Zero Waste France et Surfrider Foundation Europe attaquent le décret du gouvernement devant le Conseil d’Etat

Alors que le gouvernement organise actuellement une concertation sur les enjeux liés au plastique, Zero Waste France et Surfrider Foundation Europe ont déposé un recours en excès de pouvoir devant[...]

21 mai 2026

Responsabilité élargie du producteur : ce que la France pourrait apprendre de son voisin neerlandais

En France, ce sont les producteurs qui créent et pilotent les éco-organismes censés gérer la fin de vie de leurs produits. Aux Pays-Bas, une ONG environnementale a créé un autre modèle de REP : un[...]

20 mai 2026

Consigne : la priorité doit rester le réemploi

France Nature Environnement, Surfrider Foundation Europe, No Plastic in my Sea et Zero Waste France rappellent que la priorité pour lutter contre la pollution plastique ainsi que soutenir l’économ[...]