29 août 2017
Thibault Turchet

Un village d’Ardèche collecte les biodéchets pour les composter en plein champ

En Ardèche, le village de Lagorce expérimente un dispositif original qui combine collecte séparée des biodéchets et compostage de surface.

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D’ici 2025, l’ensemble de la population devra disposer d’une solution de tri à la source pour les biodéchets, qui représentent 1/3 de nos poubelles. Si une collecte séparée semble incontournable en milieu urbain dense, le compostage de proximité peut être privilégié dans les milieux ruraux ou semi-urbains (voir notre dossier complet). Et il n’existe pas une manière unique de recycler les biodéchets. En Ardèche, le village de Lagorce expérimente un dispositif original qui combine une collecte séparée et une méthode de valorisation appelée “compostage de surface”.

Un modèle de gestion en circuit « ultra-court »

Le projet a été lancé en avril 2017 par Vigi-Nature, une association créée quinze ans plus tôt pour lutter contre un projet de décharge. L’association a décidé d’orienter son action vers la “fraction fermentescible des ordures ménagères”, c’est-à-dire les biodéchets, pour détourner cette fraction de l’enfouissement. Jugeant insuffisantes les politiques d’incitation au compostage individuel ou collectif, elle décide d’expérimenter pour deux ans un modèle innovant de collecte séparée.

Il s’agit d’un modèle à échelle très réduite, et donc en circuit “ultra-court”. C’est simple : trois fois par semaine, une personne de l’association collecte les biodéchets d’une trentaine d’habitants et de quelques commerces à l’aide d’un vélo muni d’une carriole. Les participants ont au préalable déposé leurs biodéchets dans un bioseau fourni par le SICTOBA (Syndicat Intercommunal de Collecte et de Traitement des Ordures Ménagères de la Basse Ardèche).

Pourquoi trois fois par semaine ? Parce qu’il est important que les biodéchets soient collectés rapidement, et donc régulièrement, afin qu’ils ne fermentent pas. En effet, ils sont valorisés avec une technique un peu particulière, qui ne répond pas aux même règles que le compostage industriel…

Une méthode de valorisation originale : le compostage de surface

Les biodéchets collectés par Vigi-Nature sont acheminés vers une parcelle de maraîchage où ils sont étalés sur moins de 5 cm d’épaisseur. Cette technique dite de “compostage de surface” diffère du compostage “en tas” classique qui repose sur la fermentation de matière organique à haute température. Après avoir été étalés, les biodéchets sont recouverts d’un mulch (ou “couverture de sol”) dont l’utilité est d’empêcher les odeurs et la pollution visuelle, mais aussi d’apporter le carbone nécessaire à la bonne digestion des matières azotées. Au bout de deux mois seulement, on obtient de l’humus, et le sol a ainsi été enrichi grâce aux biodéchets des ménages !

Cette expérimentation est suivie par un pédologue (spécialiste de la formation et de l’évolution des sols) qui étudie notamment l’évolution du taux de matière organique dans la parcelle. En principe, le taux de recyclage de la matière est plus élevé qu’avec le compostage en tas, dans lequel une partie de l’énergie contenue dans la matière organique est dissipée sous forme de chaleur.

Avec ce projet dont le budget annuel est de 15 000 €, Lagorce nous rappelle qu’en matière de tri à la source des biodéchets, les solutions ne manquent pas. Tout est une question d’adaptation au territoire : ce modèle serait bien sûr difficile à mettre en place dans une grande ville. Alors que dans un village comme Lagorce, il peut être bénéfique pour l’environnement non seulement en termes de réduction des déchets mais aussi d’agriculture et de réduction des pollutions liées au transport !

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