07 juin 2016
Marine Foulon

Le renouveau des couches lavables

La place des couches lavables continue de progresser. Retrouvez dans cet article toutes les bonnes raisons de s'y mettre.

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Environ 10 ans après leur retour en France grâce à des professionnels visionnaires et des parents très concernés par la santé et l’avenir de leurs enfants, la place des couches lavables continue de progresser. Pourtant la norme est à la couche jetable, ordinaire ou parfois qualifiée d’écologique. Car quoi de plus spontané que de jeter les couches sales de nos bambins ?

Rien, si personne ne vous a dit qu’une couche lavable est une alternative moderne qui ressemble à une jetable, mais en plus jolie, et qu’il existe un voile de protection que l’on jette aux toilettes. Rien, si vous n’avez pas en tête que le budget couches lavables est entre deux et trois fois moins cher que celui des jetables[1]. Rien, si l’on omet qu’un enfant, avant d’être propre vers deux ans et demi, aura généré environ une tonne de déchets de couches, c’est-à-dire de quoi remplir une chambre de 10 m2. Soit autant de déchets incinérés ou enfouis…

Des intérêts incontestables

Parler de couches lavables, c’est encore s’exposer aux idées reçues. Redisons-le, il est loin le temps des langes de nos grand-mères, qu’il fallait plier, attacher avec une épingle à nourrice et frotter pour laver ! A l’époque des machines à laver, lavage et séchage nécessitent certes organisation et temps mais ils ne sont pas incompatible avec la vie moderne, d’autant moins si les tâches domestiques sont bien réparties… C’est un engagement personnel souvent basé sur des convictions environnementales, car l’impact écologique des lavables est moindre que celui des jetables (à toutes les étapes du cycle de  vie), même lorsque l’on prend en compte l’augmentation des lessives et donc de l’eau et de l’électricité consommés. Les couches lavables sont exemptes de produits chimiques (comme le polyacrylate de sodium qui gélifie l’urine) et c’est un avantage de poids quand on sait que la peau du bébé est très perméable aux produits, comme l’a montré le scandale des parabens. Les matières utilisées (coton, chanvre, lin…) préviennent chez la plupart des enfants les rougeurs et érythèmes fessiers.

Des collectivités qui s’engagent

En France, les textiles sanitaires dont font partie les couches, constituent le flux de déchet qui augmente le plus[2]Ces biens à usage unique maintiennent une forte pression sur les ressources naturelles du fait de leur durée de vie ultra-courte. Jetées avec les déchets ménagers, les coûts liés à la collecte et au traitement des couches sont à la charge de la collectivité et portés par les contribuables.

C’est pourquoi le recours aux couches lavables s’inscrit totalement dans l’objectif de réduction des déchets ménagers. Depuis plusieurs années, et peut-être encore plus aujourd’hui avec l’Appel à projets du Ministère “Territoires zéro déchet zéro gaspillage”, certaines collectivités s’engagent pour promouvoir leur utilisation, à l’instar du SYMEVAD (département du Nord) qui fournit gratuitement aux parents un lot complet de couches lavables et les oriente vers l’association La Ficelle, pour l’accompagnement pratique. Il ne s’agit pas d’imposer l’utilisation systématique des couches lavables aux parents mais de les y encourager. D’autres collectivités soutiennent les structures de la petite enfance qui souhaitent passer aux couches lavables. Pour l’heure, la démarche avance bien plus facilement dans les crèches privées ou associatives, qui portent parfois de véritables projets environnementaux. Si par le passé beaucoup de ces structures de l’Economie Sociale et Solidaire ont eu des difficultés à perdurer, notamment en raison d’un marché peut-être encore réduit, il y a tout intérêt à soutenir ces projets maintenant que les couches lavables sont davantage connues.

Vers une fédération des acteurs des couches lavables

Parce que plusieurs métiers sont liés aux couches lavables et que les professionnels sont souvent isolés, Zero Waste France a souhaité les soutenir en impulsant une démarche de coopération. Une première journée professionnelle sur les couches lavables a donc été organisée fin mai 2016 pour permettre aux acteurs de se rencontrer. Plus d’une vingtaine de fabricants, revendeurs, consultants, bénévoles associatif, techniciens et élus de collectivités ont ainsi pu partager leurs expériences et faire part de leurs projets et leurs besoins. La journée a été l’occasion de faire le point sur l’actualité de la couche lavable et de présenter les bonnes pratiques liées à l’utilisation des couches lavables (étude réalisée par l’ADEME en 2015).

Les échanges ont été riches et ont permis d’aborder les questions liées à la communication, aux services de lavage ainsi que les manières de travailler avec les structures de la petite enfance et les collectivités. Les participants se sont montrés très motivés par la perspective de se fédérer pour promouvoir collectivement les couches lavables. Une association professionnelle pourrait être créée suite à cette rencontre.

[1]Selon la boutique Apinapi, sur 2,.5 ans, le budget moyen en couches jetables est estimé à 1500 € Celui des lavables oscille entre 500 et 700 € plus 150 € pour l’eau et l’électricité.

[2]Les textiles sanitaires (couches, lingettes nettoyantes, coton, essuie-tout, protections périodique…) représentent environ 19 kg par habitant et par an, soit 5 % des ordures ménagères résiduelles (ADEME 2009).

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