Mobilisation de la Coalition Stop Fast Fashion : 10 tonnes de déchets textiles déposés devant le Sénat pour l’adoption de la loi anti fast-fashion

La coalition Stop Fast-Fashion déplore que la proposition de loi votée en mars 2024 pour mettre fin à ce système de surproduction délétère ne soit toujours pas inscrite à l’ordre du jour du Sénat.

La Coalition Stop Fast-Fashion devant le Sénat à Paris, le 14 mars 2025. Crédit photo : Zero Waste France
Newsletter
Partager
Bluesky

Pour appeler les pouvoirs publics à agir rapidement, le collectif s’est mobilisé aujourd’hui en déposant plusieurs tonnes de vêtements devant le Sénat. Une centaine de militant·e·s étaient présent·e·s à Paris, mais aussi pour des mobilisations similaires dans 40 villes en France.

Il y un an jour pour jour, l’Assemblée nationale faisait un premier pas historique pour agir contre le système de surproduction textile, en votant à l’unanimité la proposition de loi  anti fast-fashion visant à réduire son impact environnemental. Depuis, plus rien.

L’inertie autour de cette loi est d’autant plus inquiétante qu’une majorité de représentants politiques, d’industriels et d’organisations de la société civile sont alignés sur la nécessité de son adoption. Seules les entreprises concernées par l’application de la loi y sont opposées.

Pour une loi applicable rapidement et porteuse de mesures fortes

Les pouvoirs publics se doivent d’agir rapidement et de manière ambitieuse. Pour cela, la coalition Stop Fast-Fashion,, demande que la proposition de loi anti fast-fashion soit inscrite à l’ordre du jour du Sénat à l’occasion de la Conférence des présidents, qui se réunira mardi 19 mars prochain. 

La coalition réclame une loi ambitieuse et à la hauteur des enjeux face à la catastrophe sociale et écologique de l’industrie textile à bas coût.  Pour cela, elle demande à définir la fast-fashion dans la loi, afin que toutes les marques qui proposent plus de 10 000 références par an soient considérées comme relevant de la fast-fashion, et que cela s’applique à toutes les plateformes de commerce en ligne. La Coalition demande également à ce que demeure dans la loi un système de bonus/malus financier indexé sur l’affichage environnemental textile afin de pénaliser les produits néfastes pour l’environnement.

Ces mesures doivent concerner l’ensemble du secteur, c’est-à-dire de ne pas cibler uniquement l’ultra fast-fashion incarnée par Shein ou Temu mais également des marques de la fast-fashion comme Zara, Primark, H&M ou Action ainsi que des plateformes comme Amazon dont les pratiques ont des effets délétères sur l’environnement. Restreindre la portée de la loi à deux marques serait contre-productif et ne permettrait pas de répondre aux problèmes systémiques de l’industrie textile.

La fast-fashion, une catastrophe sociale et écologique

Aujourd’hui, le secteur textile représente près de 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre [1] et 70 % des vêtements vendus en France sont fabriqués en Asie du Sud-Est [2] où les travailleuses et travailleurs sont exploitées afin de répondre aux cadences de production infernales, pour des salaires largement en deçà d’un revenu vital. Avec 3,3 milliards d’articles commercialisés en France en 2022 [3], jamais autant de vêtements et de chaussures n’ont été vendus sur le territoire. Ce modèle contribue au déclin structurel du secteur de l’habillement [4] et du textile français, qui a perdu près de 10 000 emplois en un an [5] et plus de 300 000 emplois depuis les années 90 [6].

En parallèle, l’essor des marques de fast-fashion coïncide avec une explosion des volumes de vêtements jetés chaque année, souvent de trop mauvaise qualité pour être réemployés. La part de textiles encore en bon état est ainsi passée de 64 % à 55 % en moins de 10 ans [7], augmentant la part de pièces destinées au recyclage ou à l’incinération, au détriment du réemploi solidaire.

Cette situation n’est plus tenable ! Pour une mode éthique et durable, qui respecte l’environnement, les droits humains, et une concurrence juste, nous demandons au Gouvernement l’examen de cette loi au Sénat.

Les organisations membres de la Coalition Stop fast-fashion

Action Aid France, Les Amis de la Terre France, Collectif Ethique sur l’étiquette, Emmaüs France, Max Havelaar France, Fashion Revolution France, France Nature Environnement, Halte à l’Obsolescence Programmée, Réseau Francilien du Réemploi, Réseau National des Ressourceries et Recycleries, Zero Waste France

stopfastfashion.fr

Sources

[1] Ademe

[2] Greenpeace

[3] Re_Fashion

[4] https://fashionunited.fr/actualite/business/jusqu-a-quand-le-marche-du-textile-va-t-il-baisser/2017061213033

[5] Fédération du prêt-à-porter

[6] https://www.insee.fr/fr/statistiques/3632345

[7] Quand la fast-fashion surfe sur la crise du textile, Amis de la Terre France, Novembre 2024.

[8] Emmaüs France

Actualités

08 juillet 2026

Filière textile : un nouveau cahier des charges inadapté aux enjeux de surproduction

Après un an de discussions, le gouvernement a proposé un nouveau cahier des charges pour la filière des déchets textiles. L’accent est mis avant tout sur le développement du recyclage, sans cherch[...]

07 juillet 2026

Filières REP : la prévention reléguée au dernier plan

En 2020, la loi AGEC a ajouté la prévention des déchets parmi les missions des filières REP. Six ans plus tard, les mises en marché et les quantités de déchets produites ne cessent d'augmenter, ta[...]

18 juin 2026

Fast fashion : victime des lobbies, la loi adoptée mais fragilisée lors de la CMP

Après plus de deux ans d’attente et de multiples blocages, la commission mixte paritaire (CMP) chargée d’examiner la proposition de loi visant à réduire l’impact environnemental de l’industrie tex[...]

à la une
15 juin 2026

Plan plastique : les propositions des associations environnementales

Alors que le Gouvernement prévoit de présenter la version finale de son Plan Plastique ce mardi 16 juin, les associations environnementales publient ce jour dans Vert le média 15 propositions pour[...]

15 juin 2026

Shein seule sur le banc des accusés : la loi anti fast-fashion risque de rater son coup

Alors que la commission mixte paritaire (CMP) de la loi anti fast-fashion vient d’être convoquée pour ce 17 juin, la Coalition Stop Fast-Fashion rappelle que l’ambition initiale du texte était de [...]

11 juin 2026

Réemploi des emballages : le déploiement de la consigne à la peine

2 ans après l’annonce du déploiement de la consigne pour réemploi des emballages dans 4 régions, Zero Waste France publie ce jour les résultats de l’enquête menée par son réseau de groupes locaux [...]

05 juin 2026

Interdiction de la vaisselle en plastique dans les cantines : les ONG se félicitent d’une première victoire à l’Assemblée nationale

Débattue hier à l’Assemblée nationale, la proposition de loi visant à garantir l'interdiction de la vaisselle en plastique dans la restauration collective accueillant du jeune public et liée à la [...]

28 mai 2026

Vente en vrac : Zero Waste France et Surfrider Foundation Europe attaquent le décret du gouvernement devant le Conseil d’Etat

Alors que le gouvernement organise actuellement une concertation sur les enjeux liés au plastique, Zero Waste France et Surfrider Foundation Europe ont déposé un recours en excès de pouvoir devant[...]

21 mai 2026

Responsabilité élargie du producteur : ce que la France pourrait apprendre de son voisin neerlandais

En France, ce sont les producteurs qui créent et pilotent les éco-organismes censés gérer la fin de vie de leurs produits. Aux Pays-Bas, une ONG environnementale a créé un autre modèle de REP : un[...]

20 mai 2026

Consigne : la priorité doit rester le réemploi

France Nature Environnement, Surfrider Foundation Europe, No Plastic in my Sea et Zero Waste France rappellent que la priorité pour lutter contre la pollution plastique ainsi que soutenir l’économ[...]