Quand un objet ne peut pas être réparé, le consommateur doit en être informé

A Paris, le 14 décembre 2016 - Zero Waste France, avec un consortium d'associations demande la réécriture du décret du 9 août 2014 afin d'améliorer l'information des consommateurs sur la disponibilité des pièces détachées d'un produit.

Newsletter
Partager
Bluesky

Les associations environnementales et de consommateurs[1] poursuivent leur mobilisation pour faire réécrire le décret[2] sur l’affichage de la durée de disponibilité des pièces détachées afin d’inciter les fabricants à mettre sur le marché des produits réparables. Les associations demandent notamment que l’absence de pièces détachées soit portée à la connaissance du consommateur.

4 enquêtes, une conclusion : l’obligation d’informer le consommateur n’est pas respectée

Depuis le 1er mars 2015, les fabricants et distributeurs ont l’obligation d’afficher la durée de disponibilité des pièces détachées des biens qu’ils commercialisent. Cette disposition, issue de la loi Consommation (dite loi Hamon), devait permettre aux consommateurs d’identifier les biens plus facilement réparables grâce à une information fournie au moment de l’achat. Mais force est de constater que l’obligation n’est pas respectée.

En février dernier, les résultats de deux enquêtes[3], une réalisée par 60 Millions de Consommateurs, en partenariat avec les Amis de la Terre, et l’autre par UFC-Que Choisir, soulignaient déjà l’ineffectivité de la mesure. Plus récemment, un rapport parlementaire[4] a mis en évidence de nombreux dysfonctionnements et indique qu’« aucune harmonisation n’a été prévue s’agissant des informations fournies par les fabricants aux distributeurs ». En conséquence, « l’absence d’indication sur la disponibilité des pièces détachées d’un produit est en elle-même ambivalente : pour le consommateur, elle peut signifier soit que le fabricant n’a pas pris d’engagement sur la disponibilité des pièces détachées, soit que le commerçant n’a pas respecté son obligation d’afficher ces informations ».

Enfin, des contrôles[5] effectués par des services de la répression des fraudes (DGCCRF) ont révélé des anomalies dans 63 % des lieux de vente visités : « les vendeurs ignorent souvent les obligations légales dans ce domaine et l’information est alors manquante ». Les services constatent par ailleurs que « lorsque l’information est donnée, généralement pour une partie seulement des produits, celle-ci n’est pas toujours conforme ».

Modifions le décret sur l’affichage de la durée de disponibilité des pièces détachées

Par un courrier recommandé en date du 7 décembre 2016, plusieurs associations ont alerté la Secrétaire d’Etat à la consommation, Martine Pinville, sur l’absence de respect de l’obligation d’affichage de la durée de disponibilité des pièces détachées et la nécessité de réécrire le décret d’application de la loi Consommation afin que l’information délivrée par les professionnels soit lisible et fiable. « L’obligation actuelle n’incite pas les fabricants à concevoir des biens réparables et est source de confusion pour les consommateurs. Ces derniers se trouvent privés d’une indication importante pour les guider dans leur acte d’achat », constatent les associations co-signataires du courrier.

Les associations co-signataires du courrier envoyé à Martine Pinville demandent la réécriture sous deux mois du décret relatif à l’affichage de la durée de disponibilité des pièces détachées, afin que :

-L’information quant à la disponibilité des pièces détachées soit fournie aux consommateurs : si les pièces détachées n’existent pas, le consommateur devra également le savoir ;

-Tous les appareils pour lesquels les distributeurs ne disposent pas d’information sur la période de disponibilité des pièces détachées portent la même mention : « Pas de pièce détachée garantie » ;

-L’indication de la période de disponibilité des pièces détachées ait comme point de départ la date d’achat de l’appareil.

Ce n’est que dans le respect de ces conditions que le gouvernement rendra pleinement effective une mesure initialement mise en place pour lutter plus efficacement contre l’obsolescence programmée. À défaut d’une réponse positive à leur courrier, les associations se réservent le droit saisir le Conseil d’Etat pour faire modifier le décret.


[1] Les Amis de la Terre, France Nature Environnement, Halte à l’Obsolescence Programmée, UFC-Que choisir, Zero Waste France.

[2] Décret n°2014-1482 du 9 décembre 2014 relatif aux obligations d’information et de fourniture concernant les pièces détachées indispensables à l’utilisation d’un bien

[3] Enquête 60 Millions de Consommateurs, en partenariat avec les Amis de la Terre et Enquête UFC-Que Choisir

[4] Rapport d’information parlementaire sur la mise en application de la loi Consommation

[5] Enquête de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) sur l’application de la Consommation

Actualités

13 mars 2026

Loi “fast-fashion” : deux ans après son adoption, le blocage et l’urgence

Il y a deux ans, l’Assemblée nationale votait à l’unanimité en première lecture une proposition de loi inédite pour réguler l’industrie du textile et encadrer ses pratiques environnementales. Adop[...]

à la une
06 mars 2026

Municipales 2026 : des élections décisives pour l’environnement

Alors que le 1er tour des élections municipales doit se dérouler ce 15 mars, Zero Waste France rappelle les enjeux de ce scrutin, crucial pour orienter les politiques environnementales au niveau l[...]

19 février 2026

Réduction des plastiques à usage unique : le Sénat sauvegarde les fondamentaux de la loi AGEC

A l’issue de l’examen, ces 17 et 18 février, du projet de loi portant diverses dispositions d’adaptation au droit de l’Union européenne (DDADUE), le Sénat, alerté par les ONG et les citoyennes et [...]

18 février 2026

Recyclage chimique des plastiques : Zero Waste et Notre Affaire à Tous prennent acte du rejet de leur requête contre le projet Eastman

Dans une décision rendue le 6 février, le Conseil d’Etat a rejeté le recours de Notre Affaire à Tous, Zero Waste France, Le Havre Zéro déchet et Zéro déchet Rouen contre le projet d’usine de recyc[...]

10 février 2026

Quand les biodéchets passent par la poubelle d’OMR : un modèle qui interroge

Pour répondre à l’obligation de tri à la source des biodéchets, certaines collectivités choisissent la collecte en sacs plastiques épais collectés dans le bac d’OMR puis séparés par tri optique. C[...]

09 février 2026

6 ans de la loi AGEC : la réduction des plastiques à usage unique attaquée par les industriels

Promulguée le 10 février 2020, la loi AGEC fait aujourd’hui l’objet d’attaques des industriels du plastique. Dernière en date, le dépôt d’amendements directement soufflés par un lobby du plastique[...]

03 février 2026

Municipales 2026 : les communes au cœur des dynamiques locales de réparation et réemploi

A l’approche des élections municipales, les communes doivent jouer un rôle décisif en matière de réparation, réutilisation et réemploi. En adoptant des mesures fortes, les municipalités soutiennen[...]

02 février 2026

Municipales 2026 – Les communes, maillon essentiel du tri à la source des biodéchets

À quelques mois des municipales 2026, Zero Waste France rappelle l’enjeu majeur du tri à la source des biodéchets : malgré l’obligation légale en vigueur depuis 2024, seule la moitié des Français·[...]

02 février 2026

Municipales 2026 – Faire des communes le moteur d’une sortie du plastique à usage unique

À l’aube des élections municipales de mars 2026, Zero Waste France rappelle que les maires et les équipes municipales disposent de puissants leviers pour réduire l’usage du plastique à usage uniqu[...]

30 janvier 2026

Enfance et petite enfance : le rôle clé des communes dans la réduction du plastique et des déchets

A l’approche des élections municipales, Zero Waste France revient sur le rôle des communes en matière de réduction des déchets, du gaspillage et de l’usage unique dans les écoles, cantines et crèc[...]