Loi « Fast-Fashion » : les vrais chiffres des déchets textiles

Alors que la Commission Mixte Paritaire (CMP) doit sceller le sort de la loi contre la fast-fashion, la coalition Stop Fast-Fashion publie une enquête de terrain inédite menée dans 33 ressourceries du Réseau National des Ressourceries et Recycleries.

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Bluesky

Le verdict est sans appel : les acteurs de “l’ultra fast-fashion” pèsent seulement pour 5% des textiles non réemployables (rebuts) de la filière textile alors les acteurs de la fast-fashion de première génération sont responsables de près de la moitié des rebuts. L’obsession actuelle pour cibler uniquement les acteurs de « l’ultra fast-fashion » (Shein, Boohoo) est un écran de fumée. C’est toute la filière de la fast fashion (ultra fast-fashion incluse) qu’il faut réguler avec cette loi.

Lire l’enquête

49% de rebut pour la 1ère génération contre 5% pour l’ultra fast-fashion

L’argument d’une baisse de la qualité des vêtements exclusivement imputable aux nouveaux arrivants asiatiques est trompeur. Les résultats de notre enquête, coordonnée par la Coalition Stop Fast-Fashion et le Réseau National des Ressourceries et Recycleries (RNRR), révèlent une réalité sans appel :

  • 49% des textiles non réemployables proviennent de la fast-fashion de première génération” (Zara, H&M, Kiabi,Primark…).
  • Seulement 5% de ces textiles non réemployables sont identifiés comme issus de l’ultra fast-fashion.
  • Le volume de déchets de la fast-fashion de « première génération » est donc douze fois supérieur à celui de l’ultra fast-fashion dans les points de collecte.

“Si l’ultra fast-fashion implique une aggravation préoccupante des cycles de productions, elle s’inscrit dans une continuité incontestable de pratiques désastreuses (exploitation humaine, pollution, surproduction et incitation à la surconsommation) entamée il y a des décennies par les enseignes de la première génération.”

Marie Castagné, Réseau National des Ressourceries et Recycleries

Une loi qui vire au protectionnisme économique de façade

La Coalition Stop Fast-Fashion dénonce le virage pris dans les discours politiques. Initialement ambitieuse, la proposition de loi contre la fast-fashion a désormais des allures protectionnistes. En ciblant uniquement les nouveaux acteurs asiatiques en ligne, le gouvernement cherche à préserver les enseignes ayant pignon sur rue au nom de la « préservation de l’activité commerciale », tout en ignorant l’urgence écologique et le respect des droits humains.

Ne cibler que l’ultra fast-fashion, c’est passer sciemment à côté du cœur du problème. La différence entre ces deux modèles est artificielle et dictée par les marques européennes dont la majeure partie de la production est délocalisée en Asie…

Nos exigences pour la CMP

La Coalition Stop Fast-Fashion exige que la loi revienne à son ambition initiale pour réguler l’industrie dans son ensemble:

  1. Une définition large incluant toutes les enseignes de fast-fashion sans distinction de canal de vente.
  2. Un malus financier dissuasif allant jusqu’à 10 euros par produit d’ici 2030 pour toutes les marques répondant aux critères de la fast-fashion.
  3. L’interdiction totale de la publicité pour l’ensemble du secteur de la fast-fashion.

Il est inconcevable de protéger les acteurs “historiques » sous prétexte de préserver l’activité économique. Quand ils terminent dans une décharge à ciel ouvert, la planète ne fait pas de différence entre un tee-shirt H&M et un tee-shirt Shein.

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