05 février 2018
Julie Sauvetre

Dossier 1/3 : les TMB « dernière génération » : des usines à produire du combustible ? Quésaco

De la loi de 2015 aux décisions de justice récentes, récit d'une technologie controversée : le tri mécano biologique.

Partager

On les a longtemps appelées les usines de « tri mécano biologique » (TMB). Les industriels et les collectivités les renomment aujourd’hui « centre de valorisation organique » ou encore « usine de tri-préparation ».
Ces usines de tri sur ordures ménagères résiduelles, tellement décriées jusqu’à être qualifiées de « non-pertinentes » par la loi de transition énergétique, ont-elles techniquement évolué en profondeur, ou ont-elles simplement changé de nom ?
Zero Waste France a enquêté sur ces usines dernier cri, et analysé les statistiques communiquées par industriels et pouvoirs publics. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le recyclage ne sort toujours pas gagnant. Aujourd’hui les tentatives de légitimation de cette technologie passent avant tout par la production de combustibles solides de récupération (CSR), des déchets broyés et séchés destinés à l’incinération. Retrouvez notre enquête publiée en trois articles distincts en bas de page.

Usine de « Tri Mécano Biologique » : Quésaco ?

Le tri mécano biologique est une technologie qui s’est surtout développée au cours des années 2000, atteignant une cinquantaine d’installations en France à l’heure actuelle. Le but : séparer a posteriori les déchets organiques et les déchets recyclables du reste des ordures ménagères résiduelles, en vue de leur valorisation notamment par compostage.

L’idée pouvait sembler séduisante mais rapidement, les retours de terrain ont fait état de performances laissant largement à désirer, malgré des investissements lourds (plusieurs millions voire dizaines de millions d’euros par installation). Incendies, casses prématurées et autres fiascos industriels ont achevé de ruiner la réputation de ces usines comme à Angers, ou encore à Montpellier (allant même jusqu’à un audit accablant par la Chambre régionale des comptes Occitanie).

Dans la réalité, ces usines se sont en effet montrées incapables d’extraire efficacement les déchets recyclables des poubelles, hormis les déchets ferreux et non ferreux magnétiquement séparables. Côté traitement des biodéchets, les exploitants comptaient surtout sur l’évaporation naturelle (environ 15% en général du tonnage entrant).  La qualité du compost produit a quant à elle toujours été décriée eu égard au laxisme de la norme NF U 44051, d’application obligatoire. Après des années d’alerte, la nécessité de renforcer cette norme est d’ailleurs une des conclusions des états généraux de l’alimentation.

Face à ce double échec, technique car revenant à continuer à envoyer en décharge une grande majorité des déchets reçus, et financier (des millions d’euros pour ça…), la loi de transition énergétique du 17 août 2015 a qualifié cette technique de « non-pertinente », dans le contexte où en 2025, les déchets organiques doivent être gérés séparément. De récentes décisions de justice viennent d’ailleurs de confirmer que la construction de nouvelles usines est interdite en l’absence d’un tri à la source des déchets organiques, condamnant le TMB mais aussi les autre “tri-préparation” (voir notre article).

Pourtant, des collectivités et des industriels continuent de construire de nouvelles usines de tri sur ordures ménagères résiduelles d’une part, et d’investir lourdement pour l’entretien des existantes d’autre part, en les renommant savamment afin de contourner la lettre de la loi ( « tri-préparation », etc.). Le nouveau mot d’ordre, tout trouvé pour continuer à justifier ces usines dont les industriels et certaines collectivités ne veulent pas se séparer : broyer et sécher les déchets (notamment plastique, papier, etc.) pour produire des combustibles solides de récupération et les envoyer en incinération (« valorisation énergétique »).

16 avril 2019

La lutte contre la pollution plastique progresse aux îles Baléares

Face à la pollution plastique, le gouvernement des îles Baléares a adopté des objectifs ambitieux pour réduire les déchets de son territoire.

10 avril 2019

N’offrez plus de sacs en coton !

Haro sur le totebag ! Les offrir à l'occasion d'un événement, ou au sein de son entreprise est une fausse bonne idée. On vous explique pourquoi dans cet article, avec quelques idées pour faire aut[...]

27 mars 2019

Un rapport alerte sur les effets nocifs du plastique sur la santé tout au long de son cycle de vie

Dans un rapport publié en février 2019, le Center for International Environmental Law (CIEL) alerte sur l'impact sanitaire du plastique.

25 mars 2019

Deux recours déposés contre le projet de reconstruction de l’incinérateur d’Ivry-Paris 13

Zero Waste France et le Collectif 3R ont déposé, aux côtés d’habitants, deux recours contre la première phase du projet porté par le Syctom (agence métropolitaine des déchets ménagers), qui met en[...]

20 mars 2019

Zero Waste France présente son rapport d’activité 2018

Découvrez l'association Zero Waste France à travers les grands projets et actions qu'elle a menés en 2018.

13 mars 2019

La réponse de Zero Waste France au « Grand Défi » lancé par le Syctom

Nous publions le courrier adressé à M. Jacques Gautier, président du Syctom, en réponse à son invitation à participer à la démarche "Grand Défi"

07 mars 2019

Zéro déchet : le service des clients dans leurs contenants réutilisables progresse

Emblématique du mode de vie zéro déchet, la geste consistant à demander à son commerçant d'être servi dans son emballage personnel réutilisable progresse.

07 mars 2019

Zéro déchet : le service des clients dans leurs contenants réutilisables progresse

A Paris, le 7 mars 2019 - Emblématique du mode de vie zéro déchet, le geste consistant à demander à son commerçant d'être servi dans son emballage personnel réutilisable progresse !

07 mars 2019

Plainte STOP PUB contre Intermarché et Pizza Hut : classement sans suite avec rappel à la loi

Le 30 août 2018, Zero Waste France et Zéro Déchet Strasbourg portaient plainte contre deux établissements strasbourgeois d'Intermarché et Pizza Hut, pour non-respect du STOP PUB. Six mois après ce[...]

21 février 2019

Pacte national sur les emballages plastiques : les associations rappellent l’urgence de mesures politiques contraignantes

Le Ministère de l’environnement et plusieurs entreprises volontaires signent ce jour un Pacte national sur les emballages plastiques.