Retours d’expériences : climat, gestion des déchets et pays en développement

Dans les pays les moins avancés, l'insuffisance de la gestion des déchets est source de nombreux problèmes sanitaires et de pollutions mais également d'émissions de gaz à effet de serre.

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Dans les pays les moins avancés (PMA), l’insuffisance actuelle de la gestion des déchets ménagers conduit non seulement à des problèmes de salubrité publique (diarrhées, choléra, pestes, maladies respiratoires,..) mais aussi à des effets sur l’environnement local (pollutions de l’air, de l’eau et des sols) et sur l’environnement mondial : l’importante fraction organique de ces déchets fermente le plus souvent en atmosphère confinée et émet donc de grandes quantités non valorisables de méthane, gaz à effet de serre 25 fois plus puissant que le dioxyde de carbone à une échelle de 100 ans. D’après le PNUE l’impact climatique des déchets ménagers est équivalent au niveau mondial à celui de l’aviation civile ou de la marine marchande [1].

Gevalor, association loi 1901 créée en 2004, aide les villes de ces pays à mieux gérer leurs ordures ménagères, notamment à travers une meilleure valorisation des différentes fractions constituant les déchets pour lutter contre leurs impacts, et notamment les émissions de gaz à effet de serre qu’ils génèrent. Gevalor recommande notamment de traiter par compostage la fraction organique des déchets avant la mise en décharge des fractions ni compostables ni valorisables. En effet, le compostage se faisant en présence d’air, il n’y a pas dégagement de méthane. Par ailleurs ce type de traitement, qui ne nécessite que peu de moyens mécaniques, donc peu d’investissements,  crée des emplois dans des pays aux taux de chômages très élevés et produit du compost, amendement organique plus que nécessaire dans des régions où les sols sont très pauvres. Si la méthanisation, avec récupération énergétique du biogaz produit, constitue  une alternative envisageable, sa mise en place dans les conditions locales n’est pas toujours évidente.

Gevalor a par exemple lancé programme Africompost en septembre 2011. Trois villes ont intégré ce programme : Mahajanga (Madagascar), Lomé (Togo) et Dschang (Cameroun), et deux autres devraient être intégrées en 2015. Ce programme est financé par l’Agence française de développement et le Fonds Français pour l’Environnement Mondial, et a fait enregistrer les projets au Gold Standard afin de bénéficier de la vente de crédits carbone. Ce programme devrait en effet permettre d’éviter 160 000 tonnes de CO2eq sur 10 ans, d’après les méthodologies de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CNUCC).

La CCNUCC prévoit ainsi différents types de financement pour lutter contre les changements climatiques, et notamment le Mécanisme de Développement Propre (MDP) destiné aux pays en développement. Dans le domaine de la gestion des déchets, il existe des méthodes de calcul pour le compostage, la méthanisation, la récupération du biogaz de décharge, et d’autres. Malheureusement, la distribution dans le temps des revenus liés à ces méthodes, est bien plus incitative à faire des projets de récupération de gaz de décharge qu’à faire du compostage. Gevalor encourage de son côté  une valorisation vertueuse des déchets organiques, en faisant la promotion du compostage qui permet un traitement environnementalement, socialement et économiquement responsable.

Pour aller plus loin :


[1] “The waste management sector is contributing 3-5 per cent of global man-madegreenhouse gas (GHG) emissions, equal to around the current emissions frominternational aviation and shipping, according to some estimates”

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