Municipales 2026 – Faire des communes le moteur d’une sortie du plastique à usage unique

À l’aube des élections municipales de mars 2026, Zero Waste France rappelle que les maires et les équipes municipales disposent de puissants leviers pour réduire l’usage du plastique à usage unique (PUU).

Photo libre de droit Canva
Newsletter
Partager
Bluesky

Un impératif : pourquoi est-il nécessaire d’agir ?

Si la législation nationale fixe des objectifs structurants – notamment supprimer tout emballage plastique à usage unique d’ici 2040 – ce sont bien les actions locales qui permettront d’en accélérer la mise en œuvre, d’en étendre les bénéfices sociaux et sanitaires, et d’engager durablement les territoires. 

La consommation de plastique en France atteint aujourd’hui environ 70 kg par habitant et par an [1], une grande partie étant constituée d’emballages à usage unique. Au niveau national, cela représente plusieurs millions de tonnes annuelles de plastique mises sur le marché. 

Les performances de recyclage restent insuffisantes : la France se situe significativement en dessous des objectifs européens pour le recyclage des emballages plastiques, et de nombreux rapports soulignent l’écart entre objectifs et réalité opérationnelle (taux de recyclage des emballages plastiques globalement bas, fortes parts d’incinération et d’enfouissement). En France, sur les 4,9 millions de tonnes de plastique utilisées chaque année, 3,5 tonnes finissent à la poubelle, et seulement 26 % des déchets plastiques ont été recyclés en 2022 [2]. Ces chiffres traduisent deux vérités : le recyclage seul ne suffit pas, et la réduction à la source alliée au réemploi et à la prévention sont indispensables

Les conséquences de cet usage massif du plastique dans nos quotidiens sont multiples : pression sur les ressources, émissions de gaz à effet de serre liées à la production plastique, impacts sur la biodiversité et risques sanitaires liés à certaines substances additives [3]. Autant d’arguments pour transformer les politiques municipales en véritables leviers d’action opérationnels.

Cadre législatif : ce que permet (et impose) la loi

La France et l’Union européenne se sont dotées ces dernières années d’un arsenal législatif ambitieux visant à réduire, puis à éliminer progressivement l’usage du plastique à usage unique. 

Au niveau européen, la Directive (UE) 2019/904 relative aux plastiques à usage unique [4], entrée en vigueur en juillet 2021, interdit la mise sur le marché de nombreux produits jetables comme les pailles, couverts, assiettes, ou contenants en polystyrène expansé, 

En France, la loi EGAlim (2018) a introduit des interdictions dans la restauration collective, notamment la suppression des contenants plastiques de cuisson, de réchauffe et de service, ainsi que des bouteilles d’eau en plastique dans les cantines (pour les communes de moins de 2000 habitant-es, la mesure n’entrera en vigueur qu’au 1er janvier 2028.)

Deux ans plus tard, la loi Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire (AGEC) (2020) fixe quant à elle l’objectif de sortie totale des emballages plastiques à usage unique d’ici 2040, avec des étapes et obligations intermédiaires.

Ces lois donnent un cadre national ; les communes doivent avant tout appliquer ces interdictions dans leur sphère d’intervention et peuvent – et doivent aller au-delà du cadre légal, en particulier là où elles exercent des compétences directes (cantines, événements municipaux, marchés, commandes publiques, espaces verts, politiques sociales).

Pourquoi la commune est une enceinte d’action décisive ?

En conjuguant proximité avec les habitant·es, exemplarité dans leurs propres services et pouvoirs de régulation locale, les communes disposent d’un levier décisif pour transformer la lutte contre le plastique à usage unique en réalité quotidienne.

Leur champ d’action est vaste :

  • Elles gèrent des services essentiels (cantines, crèches, équipements sportifs, espaces culturels…).
  • Elles délivrent des autorisations et gèrent l’espace public (événements, marchés) : elles peuvent conditionner l’occupation et imposer des règles en faveur du réemploi.
  • Elles définissent les marchés publics et les clauses d’achats locaux (possibilité d’intégrer des critères « zéro plastique »).
  • Elles possèdent un pouvoir de mobilisation (communication, sensibilisation, formation) auprès des citoyen·nes et des acteurs économiques locaux.

Autant de leviers, à la fois juridiques, techniques et pédagogiques pour permettre d’accélérer concrètement la réduction des plastiques à usage unique sur un territoire.

Dans cette optique, voici une série de mesures concrètes que les candidat·es aux élections municipales peuvent intégrer à leur programme : des actions transversales et sectorielles, immédiatement mobilisables et adaptées à la diversité des communes.

Administration municipale — exemplarité interne

  • Interdire le plastique jetable lors des réunions, commissions, réceptions et manifestations officielles.
  • Fournir gourdes et tasses réutilisables aux agents municipaux ; arrêt des bouteilles et gobelets plastiques dans tous les bureaux et services.
  • Adoption d’un plan interne d’exemplarité : achats responsables, réduction des emballages lors des commandes, mutualisation de matériels (prêt de vaisselle réutilisable).
  • Former le personnel municipal aux enjeux du réemploi et de l’économie circulaire (objectifs chiffrés, formations continues).

Restauration collective et petite enfance

  • Supprimer les contenants plastiques de cuisson, de réchauffe et de service dans les cantines, crèches et centres de loisirs, en adaptant les cuisines centrales à des bacs réutilisables en inox ou en verre, conformément à la loi EGalim.
  • Financer ou subventionner l’achat de gourdes réutilisables pour les enfants et personnels ; installer ou améliorer l’accès à l’eau potable dans les établissements (fontaines, points d’eau).
  • Réduire le plastique dans les crèches (jouets, biberons…) et supprimer les couches jetables (remplacement possible par des couches lavables ou compostables).
  • Intégrer des modules pédagogiques de sensibilisation (réduction des déchets, tri, compostage) dans les parcours scolaires.
  • Mettre en place une prime communale ou dispositif d’aide à l’achat de gourdes pour les familles, couplée à un plan d’installation de fontaines dans les écoles.

Événementiel, fêtes et marchés

  • Conditionner les autorisations d’occupation de l’espace public à l’usage de gobelets consignés / écocups (non-personnalisés) et de contenants réutilisables ; interdire la vaisselle jetable pour les événements subventionnés ou organisés par la mairie.
  • Mettre en place un service municipal de prêt/location de vaisselle réutilisable (nappes, vaisselle, signalétique) pour les associations et organisateur·ices d’événements.
  • Installer des fontaines temporaires ou permanentes sur les lieux d’événements pour réduire les bouteilles plastiques.
  • Créer un label événement zéro plastique et un dispositif d’accompagnement / prêt technique.

Espaces verts, cimetières, parcs

  • Remplacer protections et attaches plastiques par des alternatives biodégradables ou réutilisables ; adopter des clauses d’achat durable (outillage, fournitures).
  • Interdire la vente et distribution de bouteilles plastiques dans les kiosques municipaux ; privilégier le verre, la consigne ou les fontaines.
  • Labelliser des parcours « espaces verts sans plastique » pour sensibiliser le public.

Sports, culture et associations

  • Imposer la vaisselle réutilisable pour les buvettes, tournois et manifestations sportives ; subventionner les clubs pour la distribution de gourdes réutilisables.
  • Inclure des clauses « zéro plastique » dans les subventions et conventions avec les associations culturelles et sportives.
  • Organiser des ateliers, expositions, et opérations de sensibilisation dans les bibliothèques, médiathèques et maisons des jeunes et de la culture (MJC).

Action sociale et inclusion

  • Fournir des kits réutilisables (gourde, boîte) aux publics fragiles via les centres communaux d’action sociale (CCAS) ; intégrer des dispositifs de consigne pour les repas des services sociaux.
  • Intégrer des clauses dans les marchés publics destinés aux services sociaux (présence de solutions réutilisables).

Commande publique et marchés

  • Réviser les marchés publics pour introduire des critères environnementaux forts : priorité au réemploi, interdiction des emballages jetables sur certains marchés, clause favorisant les fournisseurs proposant des solutions réutilisables ou consignées.
  • Créer des marchés locaux dédiés aux alternatives sans emballage (commerce en vrac, circuits courts).

Des communes déjà engagées : des exemples inspirants partout en France

Sur le territoire, certaines collectivités ont déjà démontré qu’il est possible de réduire drastiquement l’usage du plastique à usage unique, sans surcoût majeur ni complexité insurmontable.

Ces initiatives prouvent que volonté politique, accompagnement technique et coopération locale peuvent transformer rapidement les pratiques. Dans cette dynamique, le guide Territoire Zéro Plastique [5] publié par le WWF France ainsi que le livre « Territoires Zero Waste, guide pratique pour révolutionner la gestion locale des déchets » de Zero Waste France [6], constituent une boussole pour les collectivités en proposant une méthodologie complète, des indicateurs de suivi et de nombreux retours d’expérience pour aider les territoires à structurer leurs politiques locales de réduction du plastique à usage unique.

Paris : une capitale motrice du « Zéro plastique »

La Ville de Paris a engagé depuis plusieurs années une démarche ambitieuse de réduction du plastique, articulée autour du réseau « Le Pari(s) du Zéro Plastique ».

Ce dispositif fédère les entreprises, associations et établissements publics autour d’un label et d’un accompagnement technique vers le réemploi et la suppression du jetable.

La Ville a également supprimé les jouets et les biberons en plastique dans les crèches, favorisé la consigne pour les contenants alimentaires, déployé un réseau de fontaines à eau accessibles à toutes et tous, et lancé une campagne grand public de sensibilisation.

Résultat : plus de 150 structures labellisées et une dynamique locale qui influence directement les pratiques des commerçants et des habitant·es.

Lyon Métropole : l’exemple d’une approche territoriale intégrée

La Métropole de Lyon a structuré son action autour d’un plan « Zéro Plastique » ambitieux, combinant innovation logistique et mobilisation des acteurs culturels et événementiels.

Elle a expérimenté le prêt gratuit de vaisselle consignée pour les manifestations locales, mis en place des fontaines mobiles sur les grands événements, et formé des centaines d’agents municipaux aux principes de l’économie circulaire.

Cette approche pragmatique, fondée sur la mutualisation et la coopération entre services, montre qu’un engagement politique fort permet d’articuler exigence environnementale et efficacité de gestion.

Territoire du SMICVAL : la dynamique collective des communes « Zero Waste »

Sur le territoire du SMICVAL (Syndicat mixte intercommunal de collecte et de valorisation), une soixantaine de communes se sont engagées dans le programme « Ma commune Zero Waste ».

Elles ont adopté des délibérations « Zéro Plastique », mis en œuvre des actions concrètes – comme l’arrêt des bouteilles d’eau dans les réunions, l’intégration de clauses anti-plastiques à usage unique dans les marchés publics ou la mise à disposition de services de prêt de vaisselle réutilisable – et formé leurs agents municipaux.

Ce programme illustre la force de l’échelon intercommunal : mutualisation du matériel, accompagnement des élus, partage de ressources et montée en compétence collective.

Ces retours d’expérience confirment que la réduction du plastique à usage unique n’est ni un luxe ni une utopie, mais une démarche réaliste et reproductible, à condition de réunir trois ingrédients essentiels :

  • Un pilotage politique clair et transversal, porté par la municipalité.
  • Un accompagnement technique et logistique (prêt de matériel, formation, communication).
  • Une approche participative impliquant les services municipaux, les commerçants, les associations et les citoyen·nes.

Ces exemples constituent autant de modèles inspirants pour les équipes municipales qui s’apprêtent à définir leur programme et leurs engagements pour 2026.

Coûts, financements et bénéfices économiques : un investissement rentable pour les territoires

Les investissements initiaux peuvent concerner : achat et installation de fontaines, achat de vaisselle consignée, coûts logistiques pour le réemploi, communication et formation. Mais ils sont souvent compensés par :

  • économies sur l’achat répété de vaisselle jetable ;
  • réduction des coûts de gestion des déchets (moins de déchets résiduels traités) ;
  • retombées économiques locales (développement du vrac, de la consigne, de filières de réemploi).

Il est également possible pour les collectivités d’obtenir des subventions régionales, nationales ou européennes pour ce type de transition ; l’intercommunalité est également une piste de financement et de mutualisation.

Mesurer et valoriser la performance municipale

Une politique « zéro plastique » efficace doit s’appuyer sur un suivi transparent et régulier des résultats.

Le reporting doit combiner indicateurs quantitatifs et qualitatifs afin d’évaluer à la fois les effets mesurables et l’adhésion des acteurs locaux

Indicateurs quantitatifs :

  • tonnage de déchets plastiques évité (kg/an) ;
  • nombre d’événements ou de marchés « zéro plastique » ;
  • pourcentage de marchés publics intégrant une clause « zéro plastique » ;
  • nombre de fontaines installées ;
  • nombre d’acteurs (commerçants, associations, établissements) accompagnés.

Indicateurs qualitatifs :

  • niveau de satisfaction des associations et services municipaux ;
  • retour d’expérience des commerçants et organisateurs d’événements ;
  • études de cas valorisant les économies et les impacts positifs observés.

Publier chaque année un bilan chiffré et accessible (tableau de bord, rapport ou communication publique) permet d’assurer transparence, crédibilité et amélioration continue.

Quelle réponse aux objections fréquentes ?

« C’est trop cher ou trop complexe »

La mutualisation des moyens (via l’intercommunalité), la mise en place d’un service de prêt de matériel et un déploiement progressif (phase pilote puis généralisation) permettent de réduire considérablement les coûts et les difficultés logistiques.

À moyen terme, les économies générées par la suppression du jetable compensent largement les investissements de départ.

« Les commerçants ne suivront pas »

L’expérience prouve que la concertation et l’accompagnement sont les clés du succès.

Associer les commerçants dès la conception des dispositifs, proposer des aides techniques ou financières, valoriser leur engagement à travers des labels ou campagnes de communication positive facilitent une transition durablement acceptée.

« Le recyclage suffira »

Le recyclage fait partie des maillons de la chaîne, mais il ne résout pas à lui seul la problématique de volume et de pollution liée au plastique à usage unique.

La priorité doit être la réduction à la source, le réemploi et la prévention, conformément à la hiérarchie des modes de gestion des déchets et à la stratégie nationale « 3R » (Réduire, Réutiliser, Recycler).

Comment agir ?

À l’approche des élections municipales, Zero Waste France appelle les citoyen·nes, associations et collectifs locaux à se mobiliser pour inscrire la réduction du plastique à usage unique au cœur des programmes électoraux.

Chacun·e peut agir dès maintenant en :

  • demandant aux listes candidates d’intégrer des engagements concrets et chiffrés (voir liste proposée ci-dessus) ;
  • vérifiant que ces engagements sont assortis d’un calendrier et d’indicateurs de suivi ;
  • participant aux débats publics, réunions ou rencontres de campagne pour obtenir des positions claires et des engagements formels.

La mobilisation locale est décisive : chaque commune qui s’engage entraîne les autres, crée des filières locales de réemploi et envoie un signal fort aux acteurs économiques.

Agir contre le plastique à usage unique, c’est non seulement protéger l’environnement, mais aussi renforcer la résilience économique et la cohésion sociale de nos territoires.

Sources : 

[1] Ministère de la Transition Écologique, réduire nos usages du plastique : la France s’engage, juin 2025

[2] Bilan intermédiaire Stratégie 3R, juin 2025

[3] ANSES, les microplastiques, un risque pour l’environnement et la santé, juin 2025

[4] Directive (UE) 2019/904 du Parlement européen et du Conseil du 5 juin 2019 relative à la réduction de l’incidence de certains produits en plastique sur l’environnement, juin 2019

[5] Guide territoires Zéro Pollution Plastique, WWF

[6] Territoires Zero Waste, guide pratique pour révolutionner la gestion locale des déchets » de Zero Waste France

Actualités

30 janvier 2026

Enfance et petite enfance : le rôle clé des communes dans la réduction du plastique et des déchets

A l’approche des élections municipales, Zero Waste France revient sur le rôle des communes en matière de réduction des déchets, du gaspillage et de l’usage unique dans les écoles, cantines et crèc[...]

à la une
06 janvier 2026

Report de l’interdiction du plastique dans les gobelets à usage unique : la substitution n’est pas la solution

Un arrêté visant à reporter à 2030 la suppression définitive de toute présence de plastique dans les gobelets à usage unique, a été adopté fin décembre à l’issue d'une mise en consultation. Ce tex[...]

12 décembre 2025

2025 : une année de lutte contre les reculs écologiques

L’année 2025 a été marquée par une forte mobilisation de notre équipe et des nombreux militant·es du réseau Zero Waste. Biodéchets, plastique, traitements polluants ou encore déchets d’équipemen[...]

10 décembre 2025

Municipales 2026 : les Français·es attendent des engagements sur la réduction des déchets

À 3 mois des élections municipales, un sondage réalisé par le réseau Zero Waste précise les attentes des Français·es en matière de gestion des ordures ménagères. Le constat est clair : les citoyen[...]

20 novembre 2025

TAXE PLASTIQUE Rejetée : les associations dénoncent un vote influencé par les lobbies du plastique

Mercredi 19 novembre, en séance publique, l’Assemblée Nationale a rejeté la mise en place d’une taxe plastique prévue initalement dans le Projet de Loi de Finances 2026. Les associations Surfrider[...]

14 novembre 2025

Le réseau Zero Waste milite contre l’obsolescence des équipements électriques et électroniques

Comme chaque année, les groupes locaux du réseau Zero Waste se mobilisent partout sur le territoire pour la Semaine européenne de la réduction des déchets (Serd), qui se déroulera du 22 au 30 nove[...]

24 octobre 2025

Taxe plastique : Surfrider et Zero Waste France appellent les députés à résister aux lobbies

Mercredi 22 octobre, la commission des finances de l’Assemblée nationale a voté en faveur de la suppression de la taxe plastique incluse dans le PLF 2026. Surfrider Foundation Europe et Zero Waste[...]

13 octobre 2025

Budget 2026 : l’enjeu d’une fiscalité incitative pour réduire les déchets enfouis et incinérés

Le budget 2026 doit acter la nouvelle trajectoire de la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP), qui s’applique sur chaque tonne de déchets enfouis ou incinérés. Zero Waste France insist[...]

10 octobre 2025

Face au désengagement de l’Etat, financer la transition écologique des territoires

Le projet de loi de finances 2026 met en évidence le désengagement de l’Etat vis-à-vis du financement de la transition écologique, notamment au niveau local. Les annonces concernant la baisse supp[...]

07 octobre 2025

Implantation de Shein en France : la distinction entre fast et ultra fast-fashion est un mirage

A la suite de l’annonce de l’implantation permanente de SHEIN dans 5 villes françaises, la Coalition “Stop Fast-Fashion” alerte : la tentative de la plateforme chinoise légitimer sa présence sur l[...]