Doggy bag : où en sommes nous en 2016 ?

Les doggy bags sont-ils obligatoires pour les restaurateurs ? Comment trouver un équilibre entre la réduction du gaspillage et celle des emballages ?

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Au début du mois de janvier 2016, une information biaisée a fait le tour de certains journaux : le doggy bag serait devenu obligatoire à compter du premier jour de l’année 2016. Le quiproquo semble venir d’une confusion par rapport à deux textes législatifs  l’un, relatif aux biodéchets devant prendre effet au premier janvier 2016 tandis que le second, relatif au gaspillage alimentaire, avait été voté par l’Assemblée Nationale courant décembre 2015.
S’il n’est pas question d’obligation donc, les restaurateurs sont toutefois de plus en plus incités à proposer cette option aux clients… et les clients à la demander aux restaurateurs. Il faut faire attention cependant à rendre la pratique véritablement écologique.

Gaspillage alimentaire : un gaspillage à plusieurs niveaux

Les étapes de la production, de la distribution, de la préparation des aliments auxquelles s’ajoutent l’incinération ou l’enfouissement d’une grande partie qui n’aura finalement jamais été consommée, exercent une forte pression sur l’environnement[1]. Ce parcours induit un triple gaspillage : de ressources d’une part, des denrées consommables d’autre part, et enfin de “déchets” valorisables. C’est l’une des raisons pour lesquelles le tri à la source des biodéchets et la lutte contre le gaspillage alimentaire sont des sujets intimement liés.
Ainsi, depuis le 1er janvier 2016, tous les gros producteurs de biodéchets ont l’obligation de procéder à ce tri en vue de les composter ou de produire de l’énergie[2].

Le doggy bag, pas obligatoire mais vivement conseillé

Or, même si la valorisation est nécessaire, la meilleure solution reste encore celle d’éviter que le déchet soit produit. Dans cette logique le Sénat vient tout juste d’adopter en première lecture le projet de loi relatif à la lutte contre le gaspillage alimentaire qui dicte une hiérarchie des actions à mettre en œuvre. En premier lieu vient la prévention, suivie du don d’invendus propres à la consommation humaine, puis la valorisation destinée à l’alimentation animale et en dernier recours, le compostage et la valorisation énergétique.

Du coté du secteur de la restauration collective, cette loi aura pour effet de promouvoir la mise en place du doggy bag. Mais déjà à l’heure actuelle, les politiques publiques, incitent de plus en plus les restaurateurs et leurs clients à la prévention des déchets. C’est aussi la position qu’adopte l’Umih (l’Union des métiers de l’industrie hôtelière), partenaire signataire du pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire, notamment dans son guide pratique à l’attention des chefs cuisiniers. Celle ci concrétise de plus sont engagement en signant un partenariat avec TakeAway, jeune start up qui propose  aux restaurateurs des emballages recyclables pour doggy bag.

Moins de gaspillage, plus d’emballages ?

Lorsque l’on pense au doggy bag et au gaspillage alimentaire, on pense moins à l’impact des emballages qui permettront de transporter les restes du restaurant jusqu’au domicile du client.
Il semblerait, selon une étude réalisée par la DRAAF de la Région Rhône Alpes, que l’impact environnemental des emballages est moindre que celui du gaspillage alimentaire.
Si, certains restaurateurs proposent souvent des contenants à usage unique, non recyclables et non compostables à l’instar du Gourmet Bag pourtant financé par le ministère de l’agriculture, plusieurs solutions existent pour éviter ou limiter à la fois l’impact des déchets d’emballages et celui du gaspillage de nourriture.

Tout d’abord, les restaurateurs peuvent proposer un système de consigne, qui présente l’avantage supplémentaire de fidéliser le client : les restes sont placés dans un contenant réutilisable contre une somme forfaitaire qui sera remboursée au client lorsque celui-ci le rapportera.
Les clients peuvent aussi décider d’apporter leur propre contenant au restaurant lorsqu’ils savent qu’ils finissent rarement les plats par exemple.
Un peu moins efficace en terme de prévention, l’usage de contenants compostables ou recyclables peut aussi être une option qui limiterait tout de même les impacts négatifs de l’emballage. Dans cette veine, Trop Bon Pour Gaspiller propose aux restaurateurs un modèle de doggy bag sans plastique, entièrement compostable, recyclable et fabriqué en France ! Autre idée intéressante, deux étudiantes de l’ENSCI (Ecole Nationale Supérieure de Création Industrielle) ont imaginé un doggy bag écologique accompagné de recettes pour accommoder les restes.

[1]L’agriculture se place en troisième position des secteurs émetteurs de gaz à effet de serre, nécessite de grandes quantités d’eau, et participe à la pollution de l’air et des sols. En parallèle, 1/3 de l’alimentation produite est gaspillée dans le monde et plus de 10 millions de tonnes de déchets alimentaires sont jetés chaque année en France dont 6,5 millions de tonnes par les citoyens, 2,3 millions de tonnes par la distribution et 1,5 million de tonnes par la restauration.

[2]Voir l’article de loi ainsi que ses précisions. Cette loi, qui devait prendre effet de manière progressive en s’appliquant d’abord aux plus gros producteurs (120 tonnes de biodéchets par an) concerne désormais les producteurs de 10 tonnes par an ou plus depuis le 1er janvier 2016

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