16 décembre 2016
Laura Chatel

Le point de vue de GAIA au sujet de l’Accord de Paris

Paris, le 16 décembre 2016 - Le mouvement GAIA (Global Alliance for Incinerator Alternatives) s'est exprimé ce 16 décembre 2016 à l'issue de l'Accord de Paris sur le climat, approuvé par 195 délégations du monde entier le 12 décembre 2016.

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Grands discours, promesses vides: la société civile doit combler les carences de l’Accord de Paris

Déclaration de la délégation GAIA (Global Alliance for Incinerator Alternatives) à l’issue de la COP21

Ensemble, nous représentons les porteurs de solutions climatiques de chaque continent. Dans nos communautés et nos pays, nous bloquons des projets d’énergies sales comme des incinérateurs de déchets, nous formons des coopératives Zero Waste qui créent des emplois tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre, et nous travaillons à la re-conception des produits et systèmes économiques non soutenables.

Nos gouvernements n’ont pas quitté Paris avec un accord contraignant à même de protéger la planète et ses habitants du chaos climatique. Ainsi, nous renouvelons notre engagement à mettre en oeuvre des solutions climatiques basées sur les communautés locales, tout en assurant des politiques nationales en matière de déchets et d’énergie ambitieuses qui permettent une vraie réduction des émissions de gaz à effet de serre.

L’ampleur de l’action nécessaire est sans précédent. Des millions de personnes, principalement dans les pays du Sud, font déjà face aux effets désastreux des changements climatiques, et payent pour des décisions économiques non soutenables par la perte de leur maison, de leur vie, de leurs moyens de subsistances, de leurs communautés et de leur environnement. Il est clair que la pollution qui affecte notre santé engendre également de dangereux changements climatiques, et que la racine du problème réside dans un système économique linéaire qui détruit des ressources finies en diminution, qui dépend de sources d’énergie sales, et qui cause des dommages inestimables à la vie humaine et aux autres êtres vivants.

L’accord climatique signé à Paris est ambitieux mais creux. Cet accord repose de manière significative sur les INDCs (Nationally Determined Contributions), qui dans nos propres pays se sont souvent avérés inadaptés ou malavisés. L’accord échoue aussi à résoudre la question de la dette climatique et n’assure pas de soutien financier suffisant pour les communautés vulnérables et les initiatives en matière d’énergies propres. Il ouvre la porte aux fausses solutions comme la soi-disant “valorisation énergétique des déchets”, la combustion de la biomasse, et les marchés carbone. Enfin, l’accord ne contraint pas légalement les Etats – en particulier ceux qui ont historiquement émis le plus de gaz à effet de serre – à réduire leurs émissions.

Les membres de notre délégation ont étudié en détails leurs INDC nationaux. Nous avons vu que certains d’entre eux promeuvent la combustion de nos forêts et de nos déchets organiques plutôt que le retour au sol de cette biomasse, grâce auquelle carbone peut être séquestré, qui améliore la santé des sols et lutte contre les changements climatiques. D’autres promeuvent l’incinération avant le recyclage, un procédé qui émet plus de pollution climatique par unité d’énergie qu’une centrale à charbon. Ces politiques permettraient à nos gouvernements de remplir leurs engagements sans faire de réelles réductions de pollution ou d’émissions. Elles sont dangereuses pour notre santé et ne vont pas nous permettre de rester en dessous d’1,5°C de réchauffement.

L’accord de Paris signifie que le travail visant à assurer une réduction effective des émissions et le développement de solutions créatives sera réalisé par des porteurs de solutions climatiques comme les membres de GAIA à travers le monde, qui transforment des économies locales et font évoluer le système global. Les solutions Zero Waste, aux côtés d’autres solutions climatiques portées par les communautés locales, vont contribuer à atteindre l’objectif global proclamé d’1,5°C de réchauffement climatique, à mettre en oeuvre les principes de conservation des matières, de réduction des produits toxiques, de distribution équitable, et d’accès aux ressources. Solidaires des communautés locales et exposées à travers le monde, nous croyons que les changements dont nous avons besoin viendront de notre capacité collective à rendre les gouvernements responsables et à contester le pouvoir des entreprises.

Pendant que l’accord final était en discussion, nous avons été parmi les 15000 personnes à occuper les rues de Paris, défiant l’état d’urgence et les interdictions de manifester, démontrant notre détermination à ce que le futur de notre planète ne soit pas laissé entre les mains d’un petit nombre de “représentants”. Cette pression citoyenne formera l’ossature d’une action effective sur les changements climatiques et contre la destruction de l’environnement.

Le blocage de ces fausses solutions et la promotion du  zero waste et des alternatives énergétiques propres repose sur nous. Nous avons besoin d’une transition rapide et juste vers une économie circulaire soutenable et exempte de produits toxiques, assurant la protection des ressources finies de notre planète pour les générations futures. Nous avons besoin d’un changement complet de paradigme qui nous fera passer des anciens systèmes non soutenables, toxiques et linéaires à des trajectoires basées sur des solutions. Il n’y a plus de temps à perdre.

Traduit de l’Anglais. Lire la version originale.

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