13 mars 2017
Flore Berlingen

Éboulement meurtrier dans la décharge d’Addis Abeda

Paris, le 13 mars 2017 - Nos interrogations sur le contexte du drame, dont le bilan provisoire est de 48 victimes qui vivaient sur le site.

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Mise à jour – le 18 mars 2017 – le dernier bilan de l’accident porte à 115 le nombre de victimes de l’éboulement.

Paris, le 13 mars 2017 – Samedi soir, un éboulement sur la décharge d’Addis Abeba (Ethiopie) a provoqué la mort de 48 personnes (bilan provisoire, plusieurs dizaines de personnes étant encore portées disparues), en majorité des femmes et enfants vivant sur le site. Zero Waste France, Zero Waste Europe et le réseau international GAIA expriment leur grande tristesse à l’annonce de cette nouvelle, et leur consternation face à ce qui semble être l’origine de l’accident. D’après des témoignages locaux, ce sont des travaux de terrassement menés dans la décharge qui auraient provoqué l’éboulement. Si cette information est confirmée, les responsables locaux et les financeurs et opérateurs internationaux (et notamment français) devront expliquer pourquoi des travaux d’une telle ampleur ont pu démarrer alors que 150 personnes au moins étaient encore présentes jour et nuit sur le site.

Des acteurs français impliqués dans la réhabilitation de la décharge

L’Agence Française de Développement (AFD) est notamment impliquée depuis 2007 dans la réhabilitation du site. Elle a financé successivement plusieurs études, principalement réalisées par des cabinets français, avant d’attribuer une subvention de 5,4 millions d’euros pour la fermeture et réhabilitation du site sur lequel l’éboulement a eu lieu, et un prêt de 20 millions d’euros pour une “nouvelle infrastructure de stockage”. Dans le cadre de cette deuxième enveloppe, un contrat de 13,5 millions d’euros a été attribué à Vinci Construction. “L’urgence de fermer ces sites dangereux et polluants ne fait aucun doute. Mais l’implication des acteurs français, en Ethiopie et dans de nombreux autres pays nous interpelle : l’AFD donne-t-elle la priorité aux solutions les plus socialement et environnementalement bénéfiques ou aux solutions mises en avant par les industriels français ? Quel suivi opère-t-elle sur le terrain dans le cadre de ces financements ? Les entreprises qui décrochent tous ces contrats appliquent-elles les mêmes standards sociaux et environnementaux qu’en France lorsqu’elles opèrent l’étranger ?” s’interroge Flore Berlingen, directrice de Zero Waste France, alors que le principe du devoir de vigilance des entreprises vient de faire son entrée dans la loi française.

GAIA, réseau international d’ONG environnementales et d’organisation de défense des waste pickers, souligne en outre que ce terrible accident illustre à nouveau à quel point les waste pickers (chiffonniers) sont insuffisamment associés aux réformes de politiques de gestion des déchets bénéficiant des fonds internationaux. “A Addis Abeba, 120 millions de dollars vont être dépensés dans la construction d’un incinérateur opéré par des entreprises étrangères et qui brûlera des matières compostables et recyclables” remarque Mariel Vilella, correspondante de GAIA et directrice adjointe de Zero Waste Europe “alors que lorsque les waste pickers sont associés à la construction des solutions, des démarches ambitieuses à la fois sur le plan social et sur le plan environnemental peuvent être mises en place”. 

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