10 mai 2020
Flore Berlingen

Déconfinement : le recours massif au jetable ne doit pas être l’unique proposition

Nous appelons à débattre de l'impact environnemental des mesures prises dans le cadre du déconfinement.

Partager

A la veille du déconfinement, alors que de très nombreuses entreprises et commerces préparent la reprise de leurs activités, nous constatons avec inquiétude l’absence de débat sur l’impact environnemental des mesures d’adaptation. Le recours au jetable, dans l’urgence du début de la crise sanitaire, semble se transformer en une nouvelle normalité, sans que la question des alternatives possibles soit posée. Ainsi, le suremballage fait un retour en force dans les supermarchés, et du côté des entreprises, le recours aux lingettes jetables pour nettoyer les locaux de bureaux est encouragé, de même que la fourniture de bouteilles d’eau aux salariés en remplacement des points d’eau potable.

Face à l’enjeu de réduire le risque de contamination, de vieux automatismes se sont instantanément réactivés, sans qu’ils soient toujours fondés. Nous avons le sentiment que ce recours massif au jetable dans le cadre du déconfinement se fait par réflexe, et par défaut. Par réflexe, parce qu’il semble plus facile à mettre en oeuvre et que l’on part du principe qu’il “rassure” ; et par défaut, faute d’avoir étudié d’autres protocoles, d’autres modalités d’organisation. La question de l’achat de ces produits jetables prend ainsi le pas sur les principes de base essentiels qui rappellent avant tout l’enjeu du lavage (des mains, des sanitaires, des surfaces de contact, …) et du maintien des distances physiques. Faut-il rappeler, qu’en général, une surface peut être rendue propre sans qu’il soit nécessaire de passer par de l’usage unique ? Que “jetable” et “propre” ne sont pas des synonymes, qu’il s’agit d’une construction savamment entretenue par des décennies de marketing, notamment en ce qui concerne le plastique ? Une construction qui fait l’impasse sur les impacts sanitaires immédiats (pour les populations qui subissent les pollutions et les risques liées à sa production) et de long terme (par les risques induits par sa dissémination dans l’environnement et dans notre chaîne alimentaire) du tout-plastique.

Pourtant, ces dernières années, les répercussions de “l’ère du jetable”, en termes de surconsommation des ressources, de pollutions multiples et de changements climatiques ont été mises en évidence à de multiples reprises. Une large prise de conscience a permis de faire évoluer la réglementation et les pratiques, de manière insuffisante cependant, en raison des fortes résistances opposées par les secteurs économiques visés. A L’heure où l’on s’interroge sur la manière dont notre société peut “vivre avec le virus”, ignorer cette prise de conscience et faire fi des volontés de sortir du tout-jetable exprimées il y a encore quelques mois, est une erreur. Loin de préparer le monde d’après, il illustre notre difficulté à s’extraire des réflexes et logiques du monde d’avant. Alors que les services de collecte et de traitement des déchets sont perturbés, que les stations d’épuration se retrouvent confrontées à une inquiétante quantité de lingettes jetables, nous semblons incapables d’appréhender les enjeux d’aujourd’hui (environnementaux et sanitaires, immédiats et de plus long terme) dans leur globalité.

Alors nous revendiquons a minima le droit d’interroger ces vieux automatismes, de remettre en cause les termes du débat pour y intégrer les enjeux environnementaux, à commencer par ceux causés par la surconsommation de produits à usage unique et la production de déchets qui en découle. Tout comme il est impensable de mettre sur pied un plan de sauvetage économique qui ne prendrait pas en compte la nécessaire transition écologique, il est absurde de penser le déconfinement sans s’autoriser à imaginer d’autres protocoles, d’autres modalités d’organisation qui ne reposeraient pas uniquement sur notre dépendance au jetable.

04 mars 2021

Compost pollué issu du tri mécano-biologique : épandage illégal sur des terres agricoles en Charente-Maritime

Le 20 février 2021, les associations Pays Rochefortais Alert’ et Zero Waste Pays Rochefortais ont dénoncé la présence de compost fortement pollué, issu de l’incinérateur d’Echillais, sur un terrai[...]

24 février 2021

La fin de vie des réfrigérateurs : un grand enjeu climatique méconnu

Les équipements de froid (réfrigérateurs, congélateurs et climatiseurs) contiennent souvent des gaz fluorés, utilisés comme fluides frigorigènes, destructeurs de la couche d’ozone et/ou ayant un e[...]

23 février 2021

Quelles conséquences de la crise sanitaire sur la gestion locale des déchets, à court comme à long terme ?

La crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19 a eu des impacts sur le service public de gestion des déchets : fermeture ponctuelle d’installations, prolifération de plastique à usage unique… Ze[...]

à la une
22 février 2021

Masques de protection contre le Covid-19 : le réutilisable est toujours à privilégier au jetable

Face au flou qui entoure les communications récentes des autorités gouvernementales et sanitaires sur les recommandations liées au port du masque, Zero Waste France rappelle que le masque réutilis[...]

19 février 2021

La restauration livrée signe des engagements pour réduire ses déchets

Ce 15 février 2021, Zero Waste France assistait à la signature par les acteurs de la restauration livrée de leurs “engagements zéro déchet” avec le ministère de la Transition écologique. Des engag[...]

17 février 2021

Construction d’un incinérateur à La Chapelle-Saint-Luc : le tribunal valide le projet en dépit de ses impacts environnementaux

Suite au recours formé par Zero Waste France et les associations environnementales locales Aube Durable et Aube Ecologie, le Tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a tranché le 11 février [...]

10 février 2021

Les suites de la Convention citoyenne pour le climat : vers une loi Climat et Résilience en demi-teinte

Huit mois après la remise des propositions de la Convention citoyenne pour le climat, le projet de loi issu de ces travaux a été officiellement présenté ce 10 février 2021. Analyse de cette premiè[...]

05 février 2021

La réglementation européenne limite les exports de déchets plastiques

Depuis le 1er janvier 2021, l’export de déchets plastiques par les pays européens dans les pays extérieurs à l’OCDE est réservé aux déchets propres et recyclables. Zero Waste France revient sur ce[...]

12 janvier 2021

Collectivités sans compétence déchets : quels moyens d’agir ?

Si la collecte et le traitement des déchets ménagers et assimilés relèvent de l’échelon intercommunal (EPCI, syndicat de collecte et/ou traitement), les autres collectivités locales, comme les com[...]

06 janvier 2021

Les suites de la loi anti-gaspillage : ce qui change au 1er janvier 2021

Plusieurs dispositions de la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire, promulguée le 10 février 2020, entrent en vigueur en ce début d’année. L’occasion de faire un point d’étape sur l’app[...]