Municipales 2026 : des élections décisives pour l’environnement
Alors que le 1er tour des élections municipales doit se dérouler ce 15 mars, Zero Waste France rappelle les enjeux de ce scrutin, crucial pour orienter les politiques environnementales au niveau local, mais également au niveau national. En effet, l’issue des sénatoriales, en septembre, dépendra principalement des élu·es locaux·ales.
Les élections municipales, un scrutin déterminant pour la transition écologique
Les élections municipales sont un moment essentiel de la démocratie locale. Elles permettent d’élire les conseillers municipaux, qui désigneront ensuite le·a maire et ses adjoint·es. Ces élu·es prennent des décisions qui impactent directement la vie quotidienne des habitant·es, par exemple en matière de transports, d’éducation, de logement… et bien sûr d’environnement !
Les communes, au coeur de la réduction des déchets
Réduction des plastiques à usage unique, en particulier dans les services dédiés à l’enfance, soutien au réemploi et à la réparation, fiscalité, ou encore tri à la source des biodéchets : de par leurs compétences directes, et à travers celles des intercommunalités, les communes disposent de plusieurs leviers d’action pour soutenir l’émergence de politiques “zéro déchet, zéro gaspillage” au niveau local. A ce titre, le réseau Zero Waste se mobilise dans les territoires pour que les listes candidates s’engagent à appliquer des mesures concrètes pour réduire les déchets sur leur territoire.
Notre campagneDes élections cruciales en vue de la course au Sénat
Mais les élections municipales seront également décisives en vue de l’élection de 170 sénateur·ices – ce qui équivaut au renouvellement de la moitié du total des sièges – en septembre 2026. Or, les délégué·es des conseils municipaux, qui seront constitués à l’issue des élections municipales, représentent 95% du collège des électeur⸱ices sénatoriaux⸱ales – aussi appelés “grand⸱es électeur⸱ices”. Ces délégué·es sont désigné·es en conformité avec la composition des conseils municipaux.
Concrètement, les élections municipales se déroulent selon un mode de scrutin proportionnel. Par conséquent, plus une liste a d’élu·es au conseil municipal, plus elle pourra envoyer de grand⸱es électeur⸱ices aux élections sénatoriales. D’autre part, il suffit qu’une liste candidate rassemble 5% des votes au 1er tour (en l’absence de 2nd tour) et 10% des votes au 2nd tour pour avoir des sièges au conseil municipal. Cela signifie que même une liste n’ayant aucune possibilité d’obtenir la majorité peut désigner des grand⸱es électeur⸱ices et peser sur le résultat des sénatoriales.
Les vastes pouvoirs du Sénat
Chambre haute du Parlement qui représente les collectivités territoriales, le Sénat vote notamment les lois et contrôle l’action du Gouvernement au même titre que l’Assemblée nationale (article 24 de la Constitution française).
Loi Duplomb, Zéro artificialisation nette, Fast-fashion… Ces dernières années, les sénateur·ices ont joué un rôle déterminant dans le débat public sur la transition écologique et dans l’adoption de textes parfois très défavorables à l’environnement, ou a minima dilués par rapport aux ambitions initiales.
L’extrême droite en embuscade
Les partis d’extrême droite ont d’ailleurs compris l’intérêt de renforcer leur implantation et leurs alliances locales dans le cadre des élections municipales. Ainsi, le Rassemblement national a construit une véritable stratégie autour de ce moment-clé de la vie politique française, avec pour objectif de pouvoir gagner des sièges au Sénat et ainsi constituer un groupe politique en mesure d’intervenir dans la fixation de l’ordre du jour des débats de certains sujets [1]. Cette stratégie, partagée par Reconquête, s’accompagne d’une intensification des contacts avec les lobbies industriels, notamment du plastique [2], de l’agro industrie [3], ou encore de l’énergie [4].
C’est un fait : en cas d’augmentation du nombre de conseiller·ères municipaux·ales issu·es de partis d’extrême-droite, le risque est grand de voir les reculs écologiques se multiplier aussi au niveau national, à travers le Sénat.
Notre position sur l’extrême droiteProgrammes des municipales : le piège du greenwashing
Comme les entreprises, les partis politiques ont recours à des techniques de marketing et de communication qui peuvent masquer leurs réelles intentions. Alors que les électeur·ices attendent des élu·es qu’ils et elles portent des mesures environnementales ambitieuses, les candidat·es “verdissent” de plus en plus leurs programmes. Mais comment faire la distinction entre des mesures cosmétiques, sans réel impact, et une volonté politique claire de transformation ?
Lorsque l’on parle de déchets, par exemple, les enjeux de propreté occupent une place centrale dans les débats municipaux [5], en particulier dans les programmes de candidat·es par ailleurs peu porté·es sur l’écologie. Si la propreté fait effectivement partie des prérogatives des communes, sa prépondérance dans la communication des candidat·es s’explique entre autres, selon le chercheur en sociologie Maxence Mautray, car “la propreté permet de parler d’écologie à l’échelle locale de manière consensuelle, sans ouvrir un débat plus profond sur les modes de consommation, la production industrielle ou les responsabilités économiques”. Résultat, la réduction des déchets – et les solutions collectives ou les politiques publiques à mettre en œuvre pour y parvenir – passent au second plan.
Conférence avec Maxence Mautray le 27/03Pour vous aider à décrypter les programmes des listes candidates dans votre commune, le Réseau Action Climat propose un Crash Test basé sur 4 grandes thématiques clés :
- Les propositions de protection de l’environnement et pour l’amélioration de la qualité de vie
- La cohérence : présence ou absence de mesures néfastes pour la protection du climat, de la nature et de la biodiversité
- L’accompagnement des habitant·es dans la transition écologique, en prenant en compte leurs vulnérabilités
- Les reculs sur des mesures de protection de l’environnement et de transition écologique
Pour chaque question, 3 choix possibles :
🔴 Absent du programme ou proposition opposée à la transition écologique.
🟠 Évoqué, mais flou ou peu ambitieux.
🟢 Proposition claire, concrète et intégrée dans une vision globale.
À la fin du questionnaire, un curseur vous indique où se situe le programme analysé sur une échelle allant du rouge foncé (hostile à la transition écologique) au vert foncé (engagé pour une transition ambitieuse).
Le Crast Test en ligneMunicipales : comment agir ?
Les élections municipales auront lieu ces 15 et 22 mars 2026. Votre voix compte pour façonner l’avenir de votre commune !
On vous explique comment passer à l’action en 3 étapes.
Etape 1 : Pour être sûr·e de pouvoir voter, vérifiez votre inscription sur les listes électorales et votre bureau de vote sur le site du gouvernement. C’est particulièrement important dans les villes de Paris, Lyon, Marseille : dans ces villes, on vote deux fois le même jour, pour l’arrondissement et pour la ville. Cela entraîne une augmentation des bureaux de vote ; il est donc indispensable de vérifier que son bureau n’a pas changé avant d’aller voter.
Je vérifieEtape 2 : Ajoutez les dates des 1er et 2nd tours à votre calendrier. Si vous prévoyez d’être absent·e, organisez votre procuration. Il n’y a pas de date limite pour l’établissement des procurations de vote. Les procurations peuvent être établies à tout moment. Cependant, pour que votre procuration soit valable le jour du scrutin, et si vous ne détenez pas déjà une carte nationale d’identité certifiée France identité par une mairie volontaire, vous devez au préalable faire vérifier votre identité en vous déplaçant devant une autorité habilitée (policier, gendarme ou agent du ministère des affaires étrangères). La procuration doit ensuite être prise en compte par votre commune ou consulat de vote, afin que le nom de votre mandataire soit reporté sur la liste d’émargement.
Si vous souhaitez établir une procuration pour un scrutin à venir, nous vous conseillons donc de vous y prendre le plus tôt possible.
Je fais ma demande de procuration Je donne ou porte une procurationEtape 3 : rendez-vous le 15 mars 2026 dans votre bureau de vote ou votez par procuration ! Pour rappel, la carte électorale n’est pas obligatoire pour voter, un papier d’identité suffit.
Bonus : faites passer le message autour de vous pour qu’un maximum de personnes aillent voter les 15 et 22 mars ! L’abstention est malheureusement très forte lors des élections municipales, en particulier chez les jeunes : en 2020, 72% des 18-34 ans se sont abstenu·es [6]. Pour répondre à cette problématique, des associations apartisanes comme A voté et On Est Prêt proposent différentes actions.
Devenir justicier du vote avec A votéDécouvrir combien de jeunes auraient pu faire la différence lors des élections municipales en 2020 avec le Mobilisator de On Est Prêt.
Références
[1] Sénatoriales 2026 : le RN veut « tripler » son nombre de sénateurs et rêve de créer un groupe – Public Sénat
[2] Le lobby du plastique dit merci à Bruxelles… et au RN – l’Opinion
[5] Municipales 2026 : pourquoi parle-t-on autant de propreté ?, Maxence Mautray, The Conversation






