Projet

Municipales 2026 : vers des communes zéro déchet

Zero Waste France et ses groupes locaux se mobilisent pour que les candidat·es aux élections municipales s’engagent à appliquer des mesures concrètes pour réduire les déchets sur leur territoire.

Réduire les déchets, un impératif au niveau local

Malgré les objectifs nationaux de réduction des déchets – la loi Agec fixe un objectif de -15% de déchets ménagers et assimilés (DMA) produits d’ici 2030, par rapport au niveau de 2010 -, les quantités de déchets produites au niveau local ont connu une augmentation entre 2010 et 2021. En 2021, le service public de gestion des déchets collecte 548 kg / an / habitant de DMA (hors remblai et gravats). Parmi eux, les ordures ménagères résiduelles représentent toujours 246 kg / an / hab.

Cette augmentation s’observe alors même que le tri à la source des déchets progresse : en 12 ans, entre 2009 et 2021, le tri a augmenté de 21% (en prenant en compte les déchets verts et matériaux recyclables, et sans compter le tri à la source des biodéchets, dont l’obligation est devenue effective au 31 décembre 2023).

En charge du service public de gestion des déchets, les collectivités locales sont directement concernées par la mise en place de politiques de prévention. Si elles sont loin d’avoir tous les moyens d’agir – notamment sur le système productif, qui relève de la responsabilité des metteurs en marché -, les retours d’expérience montrent que les collectivités les plus ambitieuses peuvent très concrètement contribuer à réduire les déchets sur leur territoire, jusqu’à atteindre moins de 100 kg d’OMR produites par an et par habitant.

Le rôle des communes dans la prévention des déchets

Si les compétences de collecte et gestion des déchets relèvent du niveau intercommunal (communautés de communes, d’agglomération, métropoles), les communes ne sont pas en reste pour ce qui est de la prévention des déchets. Elles peuvent soit mettre en place des mesures en lien avec leurs compétences directes (enfance, petite enfance, sport, commerces, achats et marchés publics…), soit mettre en place des actions de sensibilisation du grand public et d’accompagnement des acteurs du territoire.

Mesures pour réduire le plastique à usage unique sur le territoire

Les communes doivent appliquer les obligations existantes : remplacement des contenants en plastique jetable par des bacs inox dans les cantines scolaires, installation de fontaines à eau dans les établissements recevant du public. Elles peuvent aussi aller plus loin dans le cadre des événements organisés localement, notamment sur l’espace public : mise à disposition d’ecocups consignés et de vaisselle réutilisable, chartes d’engagement pour les organisateurs, fontaines d’eau temporaires. Enfin, en matière d’exemplarité, elles peuvent intégrer des clauses « zéro plastique » dans les marchés municipaux, supprimer les bouteilles d’eau en plastique dans les réunions ou encore équiper les agents municipaux de gourdes et tasses réutilisables.

Mesures en lien avec l’enfance / la petite enfance

Plusieurs obligations s’imposent déjà aux communes, à la fois dans la réduction des plastiques dans les crèches et les cantines (loi Egalim), mais aussi dans la diminution du gaspillage alimentaire et dans le tri des biodéchets (loi Agec) : interdiction des ustensiles en plastique à usage unique depuis 2020 (gobelets, verres, assiettes, couverts…), y compris en plastique biosourcé, interdiction des bouteilles d’eau plate en plastique en restauration scolaire (à l’exception des crèches), interdiction depuis le 1er janvier 2025 des contenants plastiques pour la cuisson / la réchauffe / le service en restauration scolaire et dans les établissements accueillant des enfants de moins de 6 ans, obligation d’une convention de dons à une association pour les cuisines centrales ou sur planche préparant plus de 3 000 repas par jour, objectif de réduction de 50% du gaspillage alimentaire entre 2015 et 2025 dans la distribution alimentaire et la restauration collective, obligation du tri à la source des biodéchets pour la restauration collective (depuis 2016 pour les plus grosses cantines, et pour toutes depuis 2024).

Mesures de soutien et développement de la réparation et du réemploi

La loi AGEC impose aux acheteurs publics, dont les municipalités font partie, d’acheter une proportion de biens issus du réemploi ou de la réutilisation ou intégrant des matières recyclées. Pour appliquer la loi, la municipalité peut prendre des mesures ambitieuses comme rendre irrecevables les offres 100% neuves, introduire des bonifications pour les entreprises de l’économie sociale et solidaire ou locales, intégrer la durabilité et le réemploi dans les critères d’attribution des marchés publics, se fixer des cibles pluriannuelles de réemploi par secteur (mobilier, informatique, etc.), mettre en place un inventaire pour le réemploi interne, ou encore former les acheteurs et acheteuses dans ses différents services

Au-delà de ces obligations, la loi met à la disposition des municipalités un panel d’outils pour agir localement : conventions pluriannuelles pour soutenir les acteur du réemploi et de la réparation (ressourceries, café réparation…) afin de soutenir l’investissement en matériel pour ces structures, d’aider à la logistique, ou à la disposition de locaux. Les communes peuvent également mettre en avant les acteurs et initiatives du territoire, avec des cartographies ou des temps forts locaux de la réparation et du réemploi. Elle peut accompagner la création de synergies entre ces acteurs, et bien entendu communiquer auprès des citoyen·nes : proposer des animations sur le réemploi et la réparation, informer les citoyen·nes sur le bonus réparation national et les réparateur·ices labellisés, diffuser l’information par l’ensemble des canaux municipaux : affichage, publication, courrier, site internet, stand… Elle peuvent aussi, pour impulser une telle politique, nommer un·e élu·e sur les questions d’économie circulaire.

Mesures en lien avec les biodéchets

Si la collecte et le traitement relèvent des intercommunalités, la réussite du tri repose largement sur les communes, qui agissent sur des leviers concrets : information des habitant·es en porte-à-porte, affichage, gestion de l’emplacement des équipements (composteurs de quartier, points d’apport volontaire, signalétique dédiée, intégration dans les projets de rénovation urbaine…), exemplarité dans les bâtiments municipaux (crèches, cantines et cuisines municipales, lutte contre le gaspillage alimentaire, tri sur les événements municipaux). En outre, les es élu·es municipaux siègent à l’EPCI et peuvent porter, défendre ou accélérer les schémas locaux de collecte.

Mesures d’accompagnement des acteurs locaux : associations, commerces…

Les communes peuvent soutenir financièrement les initiatives de vrac et les systèmes locaux de consigne, voire accompagner le développement d’un service de contenants consignés pour la vente à emporter.

Mesures contre les traitements polluants

Si la compétence déchets est gérée à l’échelle de l’intercommunalité et parfois déléguée à un syndicat de traitement et/ou collecte des déchets, les communes ont un rôle à jouer dans la lutte contre les traitements polluants : ce sont elles qui choisissent les élu·es qui siègent dans ces différentes instances (intercommunalités / syndicats). Dès lors, les élections municipales sont également décisives pour les compétences qui relèvent de l’intercommunalité. Il est donc indispensable que les futures équipes municipales prennent des engagements forts sur les modes de traitements polluants :

  • Soutenir publiquement un moratoire national contre toute augmentation des capacités d’incinération ;
  • Faire pression au sein du syndicat ou de l’intercommunalité pour réduire les capacités d’incinération ;
  • Porter des élu·es candidat·es pour siéger au syndicat de traitement ou à l’intercommunalité et/ou s’impliquer davantage dans ces instances ;
  • Donner un avis défavorable à tout projet d’augmentation des capacités d’incinération du territoire ;
  • Initier et soutenir la publication d’études sanitaires : accès aux lieux, subvention aux associations, …;
  • Informer la population : cartographier les pollutions et sites à risques sur le territoire, organiser des réunions publiques, transparence sur les analyses;
  • Définir des protocoles d’alerte et de mesures à adopter en cas d’accident industriel pour les habitant·es et les professionnel·les de santé ;
  • Demander plus de transparence auprès de l’exploitant du site ;
  • Impliquer et consulter la population via différentes méthodologies de participation du public : création d’observatoire citoyen, enquêtes, convention citoyenne, etc. La commune d’Ivry-sur-Seine coordonne un observatoire éco-citoyen de connaissance des pollutions. La ville d’Ivry-sur-Seine a créé cette instance en janvier 2023, suite à la pression citoyenne, dans un contexte de construction d’un nouvel incinérateur. L’observatoire réunit des collectivités, des organismes de recherche et des citoyen·nes et a pour objectif d’étudier et prévenir les pollutions à travers une approche participative.

Des attentes fortes de la part des citoyen·nes

Dans la perspective des élections municipales en mars prochain, du 1er juillet au 1er décembre 2025, 19 groupes locaux Zero Waste ont interrogé 2 068 citoyens et citoyennes dans 10 régions métropolitaines et 1 territoire ultramarin, afin de mieux comprendre leurs attentes en matière de gestion et prévention des déchets. Adapté aux enjeux de chaque territoire, ce sondage a été administré à la fois en ligne et en face-à-face dans l’espace public pour toucher une pluralité d’habitant·es.

Une appréciation globalement moyenne du service public de gestion des déchets : avec une note moyenne de 3,28 sur 5, l’appréciation globale du service public de gestion des déchets est neutre, voire plutôt positive. Cependant, les excellentes appréciations restent rares, et une part non négligeable des habitant·es ne parvient pas à formuler un avis clair.

Un faible niveau de connaissance des modes de traitement et des coûts : 58,6 % des personnes interrogées déclarent ne pas savoir où, ni comment leurs déchets sont traités, et 85,3 % déclarent manquer d’informations sur le coût réel de la gestion des déchets, mais souhaitent en savoir davantage.

Une attente marquée autour d’un système de tarification plus juste : 62,7 % se déclarent favorables à une véritable tarification incitative, donc à une facturation en fonction de la quantité de déchets produite, associée à des solutions permettant aux citoyen·ne de réduire leurs déchets.

Une volonté importante de sortir du tout-jetable, avec une demande d’exemplarité vis-à-vis des communes : 89,8 % des personnes interrogées souhaitent que leur commune soutienne la mise en place de contenants consignés dans les commerces et 81,96 % voudraient de la vaisselle réemployable pour les événements organisés par leur commune.

Un fort potentiel d’adhésion au tri à la source des déchets alimentaires, mais un manque d’information et d’accès : 22 % des personnes interrogées ne sont pas du tout au courant des dispositifs permettant le tri des déchets alimentaires sur leur territoire, et 36,8 % considèrent ne pas avoir de solution de tri à la source des biodéchets à proximité.Pourtant, parmi les personnes qui estiment avoir un accès insuffisant ou inexistant à une solution de tri/compostage des déchets alimentaires, 88,8 % sont intéressées par ces solutions.

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Nos demandes d’engagement pour les candidat·es

Zero Waste France et son réseau de groupes locaux demandent à ce que les candidat·es aux élections municipales s’engagent à la fois à respecter les obligations réglementaires existantes non appliquées sur leur territoire, et à porter localement des mesures concrètes, dans tous leurs champs de compétence directs et indirects (via les EPCI), en faveur de la réduction des déchets :

Respecter les obligations réglementaires :

  • Mener des actions concrètes dans les cantines et cuisines centrales pour atteindre les objectifs de réduction du gaspillage alimentaire : sensibilisation, formation du personnel, challenges, dispositif “petite faim / grande faim”…
  • Investir pour adapter les équipements (cuisines centrales, cantines, logistique) à la suppression du plastique dans les contenants de cuisson, réchauffe et service, et le remplacement par l’inox. Investir dans des tunnels de lavage éventuellement partagés entre communes pour limiter les coûts.
  • Remplacer les biberons en plastique par des biberons en verre dans les crèches, comme le prévoit la loi EGalim depuis le 1er janvier 2025.
  • Mettre à disposition de l’ensemble des citoyen·nes une solution de tri à la source des biodéchets, en respect des dispositions inscrites dans l’avis du 6 décembre 2023.
  • S’engager à adopter une stratégie d’achats responsables intégrant des objectifs chiffrés de biens issus du réemploi ou du reconditionnement (mobilier, informatique, véhicules légers, outils d’entretiens…)

S’engager à aller plus loin :

  • Profiter de l’adaptation de leurs équipements de cantines pour supprimer tout le plastique à usage unique en contact alimentaire (y compris pour le transport des plats).
  • Équiper les crèches de couches lavables ou compostables et sensibiliser les familles aux enjeux sanitaires et environnementaux d’un tel changement de pratiques.
  • Éliminer progressivement les jouets en plastique des crèches, pour préserver les moins de 3 ans – qui mettent tout à la bouche – des perturbateurs endocriniens.
  • Supprimer les bouteilles d’eau dans les crèches, l’interdiction ne concernant pour l’heure pas ces établissements.
  • Soutenir publiquement un moratoire national contre toute augmentation des capacités d’incinération.
  • Soutenir financièrement, matériellement (locaux, logistique, communication) et politiquement les acteurs du réemploi et de la réparation.
  • Créer des synergies entre les acteurs locaux :  animer des espaces d’échanges, mutualiser des espaces, …
  • Développer le don et le prêt dans les établissements municipaux et l’espace public.
  • Informer les citoyen·nes : animation, information sur les dispositifs existants (dont nouveaux dispositifs de tri à la source des biodéchets), cartographie des acteurs, communication renforcée sur la prévention et la réduction des déchets.
  • Généraliser la formation à l’ensemble des services : organiser des formations dédiées, intégrer la formation aux marchés publics et proposer des visites d’études.
  • Nommer un·e élu·e sur les questions d’économie circulaire.
  • Bannir le plastique jetable dans toute l’administration, les événements municipaux et les associations subventionnées.
  • Généraliser les solutions réutilisables : gourdes, vaisselle, bacs inox/verre, matériel mutualisé.
  • Installer des points d’eau (fontaines) dans écoles, équipements publics, événements et espaces verts.
  • Renforcer les critères environnementaux dans les marchés publics pour favoriser le réemploi et les alternatives sans emballage en plastique à usage unique.

Des communes déjà engagées : retour sur des exemples inspirants partout en France

Partout sur le territoire, des municipalités — petites, moyennes ou grandes — démontrent qu’une politique locale ambitieuse peut transformer durablement les pratiques, entraîner les acteur·ices économiques et mobiliser les habitant·es. Les exemples ci-après prouvent que des stratégies “zéro déchet, zéro gaspillage” sont des démarches concrètes, reproductibles et déjà mises en œuvre avec succès.

Soutenir et pérenniser les projets associatifs et citoyens : lequartier zéro déchet de Valmy (Lyon)

La Ville de Lyon et la Mairie du 9ème arrondissement ont soutenu financièrement, logistiquement (salles, tables, barnum, etc.) et politiquement ce projet citoyen, porté par les associations Zéro Déchet Lyon et Mouvement de Pallier. En ce qui concerne le réemploi et la réparation, cet ambitieux projet zéro déchet, a notamment permis de :

  • multiplier les initiatives de boîtes à livre et à dons notamment via le budget participatif de la ville ;
  • lancer et pérenniser des trocs de vêtements portés bénévolement ;
  • mettre en place une matériauthèque pour l’événementiel local ;
    cartographier les acteurs engagés du territoire ;
  • informer les citoyen·nes lors d’événements comme le Repair Tour de l’Ademe ou la Semaine européenne de la réduction des déchets mais aussi via des panneaux d’affichages et la mise en place de nudges pour visibiliser les initiatives locales ;
  • créer un kit de mobilisation à destination des habitant·es du quartier.

Les dynamiques impulsées entre 2021 et 2024 perdurent aujourd’hui au sein de la Commission extra-municipales, sous l’égide la Mairie du 9ème arrondissement.

Des cantines et cuisines centrales sans plastique : Strasbourg, Montrouge ou Angers montrent l’exemple

  • Dans la ville de Strasbourg (290 000 habitant·es) : suite à une mobilisation forte des parents d’élèves et du groupe local Zero Waste, les 18 selfs de la ville ont abandonné dès 2017 l’usage des barquettes en plastique, remplacées par des plats en inox. La ville a ensuite investi massivement pour adapter le fonctionnement des 44 autres cantines (adaptation des fours, etc.). Depuis 2022, toutes les cantines sont équipées en contenants en inox.
  • A Montrouge (46 000 habitant·es) : la cuisine centrale a été adaptée (remplacement des fours, non adaptés aux contenants réemployables), et les agents ont été formés aux nouvelles pratiques, via un expert en ergonomie, pour faciliter la manutention des nouveaux contenants. Au total, 250 000 euros ont été investis par la municipalité pour supprimer le plastique dans toutes les cantines de la ville.
  • Sur certains territoires, la compétence de gestion des cantines est menée à un niveau intercommunal, et plusieurs EPCI ont mené les mêmes démarches. Angers Métropole (308 000 habitant·es) a créé une nouvelle cuisine centrale de 3 000 mètres carrés, en menant une réflexion approfondie sur  la logistique et la récupération des contenants réutilisables (18 000 contenants en circulation), et la mise en place d’une tournée dédiée. Un tunnel de lavage des contenants a été construit par la métropole, qui a également porté un travail sur la suppression des étiquettes (informations de traçabilité), remplacées par des impressions au jet d’encre directement sur l’inox, afin de faciliter le lavage.

Avignon, mission zéro gaspillage alimentaire

Plusieurs actions conjointes de lutte contre le gaspillage alimentaire ont été menées dans les 39 cantines de la ville (maternelles et élémentaires) : des pesées périodiques, une étude pour identifier les sources de gaspillage, et un challenge anti-gaspi (dans toutes les cantine depuis 2023), avec des animations ludiques à destination des enfants et du personnel des cantines. Résultat : une diminution du gaspillage alimentaire dans les cantines de 50% en 3 ans.

Paris : l’exemplarité municipale comme dynamique d’entraînement

  • Suppression des jouets et biberons en plastique dans les crèches
    → Paris montre qu’une décision municipale ciblée peut transformer instantanément les pratiques du quotidien, protéger la santé des enfants et soutenir des alternatives plus durables.
    Expérimentation des couches compostables dans 26 crèches municipales.
  • Initiatives de plateaux en inox dans les cantines du 12è arrondissement (écoles, collèges), en remplacement des assiettes et des contenants de service.
    → Ce remplacement permet de réduire le poids de chaque plateau de 1,15 kg par rapport aux anciens plateaux classiques en plastique avec vaisselle. Ils induisent ainsi une réduction de la pénibilité pour le personnel, 60 % de vaisselle en moins à laver pour un service complet (réduction de la consommation d’eau et d’électricité), mais également moins de casse, et moins de renouvellement nécessaire.
  • Fin progressive des bouteilles en plastique dans les événements municipaux → En conditionnant l’organisation des manifestations publiques à la réduction du jetable, la Ville crée un cadre clair qui incite naturellement les acteurs culturels et sportifs à adopter des solutions réemployables.
  • Déploiement massif de fontaines à eau dans l’espace public → En renforçant l’accès à l’eau potable, Paris permet aux habitant·es et visiteur·euses de se passer plus facilement des bouteilles jetables et installe un nouveau standard d’usage.
  • Équipement des agent·es en gourdes et tasses réutilisables → Une mesure simple, symbolique et efficace pour ancrer les pratiques exemplaires dans l’administration.
  • Accompagnement des commerçant·es via un label municipal → Le programme “Le Pari(s) du Zéro Plastique” structure une dynamique locale forte et encourage les commerces à supprimer progressivement le jetable.
  • Nomination d’un·e adjoint·e en charge de l’économie sociale et solidaire, de l’économie circulaire et de la stratégie zéro déchet.

Les frigos solidaires de Saint-André-de-Cubzac (Gironde)

Cette ville de 12 000 habitant·es a mis en place depuis 2020 des frigos partagés pour distribuer les restes alimentaires non servis issus des cantines municipales. En respectant les normes d’hygiène et de sécurité alimentaire (incluant une descente rapide en température des plats), ce type de dons est possible et permet de réduire le gaspillage alimentaire dans les cantines.
→ 1,5 tonne de dons alimentaires sur un an, pour deux frigos partagés devant deux écoles de la ville.

La Haye-Fouassière : des couches lavables pour la crèche multi-accueil

Cette commune de Loire-Atlantique (4 700 habitant·es) a adopté depuis 2021 les couches lavables pour sa crèche multi-accueil de 36 berceaux. La crèche a investi dans un lave-linge et un sèche-linge supplémentaires, et réorganisé la logistique.
5 000€ investis la première année en équipements, mais amortis sur les années suivantes.
→ Le budget lié à l’achat des couches, jusque-là jetables, est passé de 5 000€ / an à 1 280€ / an.

Montreuil : faire du réemploi une norme locale

Montreuil accueille un projet de “village du réemploi solidaire”, La Venelle – inauguré en 2025, qui regroupe boutiques de seconde main, ressourceries, ateliers de réparation, etc. Ce projet est soutenu par l’État via l’ADEME, mais il a été sélectionné via un appel à manifestation d’intérêt de la Ville de Montreuil.
La Ville de Montreuil communique publiquement sur des événements “zéro déchet” ou “réduction des déchets”, par exemple à l’occasion de la Semaine Européenne de la Réduction des Déchets (SERD), en organisant des “Village Zéro Déchet” ou en relayant des animations liées au réemploi ou au tri.
La ville mène aussi une politique exemplaire dans les écoles : installation de fontaines à eau, élimination du jetable, projets éducatifs pour inscrire la sobriété dans les gestes du quotidien des enfants, et dans la durée.
La ville de Montreuil soutient financièrement la Bibliothèque d’objets de Montreuil (BOM), une initiative associative. En 2024, la BOM a permis d’éviter 1 997.5 achats d’objets neufs, 72 tonnes de CO2 et 3 tonnes de déchets. Depuis avril 2025, la bibliothèque municipael Robert Desnos accueille également une antenne de ce projet, la petite BOM, et permet à ses adhérent·es, grâce à un partenariat entre les deux structures, d’emprunter des objets au sein même de la bibliothèque.

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