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Empreinte écologique

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D’après le Global Footprint Network [1], l’empreinte écologique est un instrument de mesure qui estime la surface minimale de terres et d’eaux dont une population humaine utilisant les technologies existantes a besoin pour produire les ressources qu’elle consomme et pour assimiler les déchets qu’elle produit.

Créé en 1990, cet outil permet de représenter l’impact global de la vie humaine sur l’environnement, et surtout de comparer, d’un pays à l’autre, les différents modes de production et de consommation. À l’échelle mondiale, l’humanité "consomme" ainsi 1,3 planètes par an, mais ce chiffre cache de grandes disparités : l’empreinte écologique d’un Français est deux fois supérieure à celle d’un Argentin ou à l’empreinte mondiale moyenne. À partir du calcul de l’empreinte écologique on peut aussi estimer quel est le "jour de dépassement de la Terre", c’est-à-dire la date à laquelle nous avons épuisé notre "budget écologique annuel". Ainsi, en 2011, nous avions dès le 27 septembre dépassé la capacité de régénération annuelle de la planète.

Le calcul de l’empreinte prend en compte l’amont mais aussi l’aval des processus de production : la consommation de ressources naturelles génère des déchets que l’environnement ne peut absorber en quantité illimitée. Dans le domaine de la gestion des déchets certains acteurs se sont approprié l’outil. SITA, par exemple, a développé un site internet permettant aux collectivités de calculer l’empreinte écologique… de la collecte des déchets ! Mais rien sur le traitement… Sans doute parce que cela mettrait en avant une fâcheuse réalité : l’incinération possède une empreinte écologique 10 fois supérieure à celle du recyclage organique (compost) [2], alors même que les déchets organiques sont encore majoritairement destinés à alimenter les fours des incinérateurs français. Car, grâce à la présence de déchets organiques dans la masse des déchets en mélange incinérés, 50% de l’énergie issue de l’incinération se voit affublée de l’attribut "renouvelable". Auriez-vous dit incohérent ?

La mesure de l’empreinte écologique est bien sûr approximative, mais elle peut être, lorsqu’elle intègre toutes les dimensions d’une même problématique, un bon outil de sensibilisation, car elle permet de se rendre compte des conséquences de la surconsommation de nos sociétés occidentales – un électrochoc pas toujours suffisant pour passer à l’action, malheureusement. Malgré l’existence d’indicateurs complets et pédagogiques comme celui-ci, la référence pour nos décideurs reste l’évolution du sacro-saint produit intérieur brut (PIB), quand bien même cet unique phare nous mènerait tout droit au naufrage.

[1] ONG fondée, entre autres, par Martin Wackernagel, le créateur de l’empreinte écologique. Pour plus d’informations, visitez le site du Global Footprint Network.

[2] Source : Institut d’Aménagement et d’Urbanisme de l’Île-de-France

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