Dico Déchets

Eco-Emballages

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Nom propre (enfin, pas tant que ça).

Éco-emballages est le nom de la société anonyme, fondée en 1992, qui est chargée d’organiser la participation des industriels à la gestion des déchets d’emballages ménagers qu’ils produisent. Cette société privée, agréée par l’État pour remplir une mission d’intérêt général, est l’outil qui répond à l’obligation de mise en place de la "responsabilité élargie des producteurs" (REP) sur le principe du "pollueur-payeur" : celui qui met sur le marché des emballages doit contribuer financièrement à la gestion des déchets qui en sont issus, selon un barème dit "amont". Cette contribution financière est collectée par Éco-emballages puis redistribuée, mais seulement en partie, selon un barème dit "aval", aux collectivités locales chargées logistiquement de la collecte et du traitement des déchets d’emballages. Une partie du budget d’Éco-emballages sert toutefois au financement de campagnes de communication de masse sur le tri, auxquelles personne n’échappe : se dessine en filigrane un message tout entier dévoué à la gloire de l’omniprésence de l’emballage jetable.

Si sur le papier tout est beau, en pratique c’est moins rose, ou plutôt moins vert. D’une part, la participation financière des producteurs reste trop faible et ne couvre qu’une partie des coûts réellement assumés par les collectivités. D’autre part, les contributions sont utilisées pour financer le tri et le recyclage mais aussi l’incinération des déchets d’emballages. L’incinération de matériaux recyclables bénéficie ainsi d’un soutien officiel mais peu connu. Éco-emballages, inventé par des industriels pour des industriels, est administré par les principaux géants du secteur de l’agroalimentaire et de la cosmétique (Danone, Nestlé, L’Oréal, etc.) qui se retrouvent ainsi juges et parties. Le monopole d’Éco-emballages sur la gestion des déchets d’emballages assure sa longévité, à tel point que les pouvoirs publics viennent de renouveler son agrément malgré les récents scandales financiers (perte de dizaines de millions d’euros de fonds destinés aux collectivités pendant la crise financière de 2008 suite à leur placement dans des paradis fiscaux). Malgré ses dérives maintes fois pointées du doigt par les ONG, la situation de monopole de cet éco-organisme dans la gestion de la filière lui offre encore de beaux jours. À moins de décider que la gestion des déchets relève de l’intérêt général et doit, à ce titre, être prise en charge par les pouvoirs publics directement.

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