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Votre futur député est-il zéro déchet compatible ?

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Les 11 et 18 juin 2017, les Français sont appelés à élire leurs députés. La sensibilisation et la volonté des députés en matière d’économie circulaire et de réduction des déchets seront déterminantes pour faciliter la vie des partisans du « zéro déchet ».  Politique nationale et mode de vie zéro déchet sont en effet interdépendants. D’un côté, l’émergence de la communauté zéro déchet contribue à la mise à l’agenda de problématiques liées aux déchets. De l’autre, les décisions politiques prises à l’Assemblée nationale ont un impact concret sur la vie des citoyens, y compris en ce qui concerne les déchets. Les députés débattent d’une grande quantité de dispositions qui ont des conséquences sur les initiatives privées comme sur les politiques publiques au niveau local, et in fine sur la place du “zéro déchet” dans la société. Par exemple, le développement récent du tri des biodéchets à Paris ou l'interdiction des sacs plastiques à usage unique sont directement issus de la loi de transition énergétique, votée par les députés en août 2015 .

Pour connaître les grands enjeux de la prochaine mandature en matière de déchets et d'économie circulaire et savoir si vous seriez un candidat député “zéro déchet compatible”, faites le test et envoyez-le à vos candidats !




Différentes personnalités engagées pour l'économie circulaire et candidats aux élections nous ont d'ores et déjà envoyé leurs réponses. Découvrez-les ci-dessous.



Matthieu Orphelin    

       

Matthieu Orphelin, ancien porte-parole de la Fondation Nicolat Hulot est aujourd'hui directeur économie circulaire et déchet de l'ADEME. Il est candidat En Marche dans la 1ère circonscription du Maine-et-Loire. 




Souhaitez-vous soutenir activement le développement du tri à la source des biodéchets pour toute la population ?

OUI. Je me suis battu pour accompagner le développement du tri à la source des biodéchets pour toute la population en tant que directeur économie circulaire et déchets de l'ADEME. Je continuerai évidemment en tant que député !


Etes-vous favorable au fait de moduler les contributions financières payées par certains fabricants de biens de consommation en fonction de la durée de vie des produits, de leur réparabilité et de leur recyclabilité ?
 
OUI. La modulation des éco-contributions est une excellente idée car celà permet d'inciter les industriels à proposer des produits plus éco-conçus et à moindre impact. Le programme d'Emmanuel Macron est très clair sur ce point : "Nous étendrons le système de bonus-malus sur l’éco-contribution, pour favoriser les produits durables, tout en pénalisant les produits néfastes pour l’environnement."

Etes-vous d’accord avec l’idée de réorienter les investissements pour soutenir les activités zéro déchet, locales et intenses en emplois (vrac, consigne, réemploi, réparation...) ?
 
OUI bien sûr pour soutenir les activités qui contribuent au zéro déchet, mais en gardant en tête qu'il faut aussi continuer à soutenir des investissements de valorisation (ex: méthanisation). C'est avec tout cela qu'on y arrivera.
 
Etes-vous favorable au fait d’augmenter la taxe payée par les producteurs de déchets (TGAP) pour l’incinération ou la mise en décharge, afin de rendre le recyclage et la réduction en amont économiquement plus intéressants ?
 
OUI. Tant que mettre en décharge coûte moins cher que de prévenir ou recycler, ça ne peut pas marcher. Là aussi le programme d'En Marche et d'Emmanuel Macron est très clair : La TGAP sera augmentée progressivement pour atteindre le niveau appliqué par les pays nordiques.

Etes-vous prêt-e à soutenir l'élaboration d'un scénario national Zéro Déchet organisant la réduction des capacités de traitement, dans la mesure où la production de déchets a tendance à baisser en France ?
 
OUI. C'est un vrai sujet.  Le scénario Négawatt a vraiment apporté des choses dans le débat sur la transition énergétique. Ce serait très intéressant d'avoir l'équivalent sur l'économie circulaire et des déchets. Réduire ses déchets et économiser les ressources, c'est toujours rentable, tant pour les entreprises que pour les collectivités et les citoyens. Il faut s'engager vers cette économie 100 % circulaire.




  ANtoinette guhl

  Antoinette Guhl est adjointe à la Maire de Paris en charge des questions relatives à l'Economie Sociale et Solidaire et à l'économie circulaire, et conseillère du 20ème arrondissement de Paris. Elle est candidate dans la 15ème circonscription de Paris. 




Souhaitez-vous soutenir activement le développement du tri à la source des biodéchets pour toute la population ?

OUI. Ce combat pour le tri à la source des biodéchets je l’ai mené activement à Paris et continuerai de le mener avec tous les partisans du Zéro Déchet.
Aujourd’hui les biodéchets des ménages finissent, très majoritairement, dans nos poubelles puis à l’incinérateur. Ils sont principalement composés d’eau, les brûler est un non-sens.
Sur le plan écologique, les biodéchets valorisés produisent du compost ou de l’énergie et favorisent ainsi une agriculture locale ou des transports propres.
Le compost ainsi produit sera un trait-d’union entre les espaces urbains et ruraux. Il permettra de contribuer à cette solidarité Ville-Campagne indispensable à la cohésion de notre société.

Sur le plan économique, la collecte et le traitement des bio-déchets permettent de limiter l’investissement dans de nouveaux incinérateurs et impulser de nouvelles filières d’énergie et de compost, créant ainsi des emplois non délocalisables. Certes, des investissements sont nécessaires pour construire les plateformes de compostage et les unités de valorisation, mais ils seront compensés par l’arrêt de l’incinération.

Enfin, comme je l’ai porté à Paris, la multiplication des points de compostage de proximité est également une nécessité : chez soi, en bas de son immeuble, dans les espaces publics. Elle est une façon de revaloriser cette ressource tout en retrouvant le sens de la terre et en diminuant les coûts pour la collectivité et les citoyens.
Pourvoyeuse d’emplois, productrice d’énergie, solidaire avec nos agriculteurs, cette filière de traitement des bio-déchets représente une solution écologique d’avenir. La France excuse du retard : accélérons le mouvement !

Etes-vous favorable au fait de moduler les contributions financières payées par certains fabricants de biens de consommation en fonction de la durée de vie des produits, de leur réparabilité et de leur recyclabilité ?

OUI. L'obsolescence programmée est une stratégie commerciale adoptée par nombre de producteurs de biens de consommation pour limiter la durée de vie des produits et obliger les citoyens à acheter plus fréquemment de nouveaux produits. Cette stratégie est non seulement préjudiciable pour lenvironnement mais est aussi une véritable arnaque pour nos porte-monnaies.
 
Ma feuille de route contre lobsolescence programmée exige :
- dallonger la durée de garantie des produits notamment électroménagers,
- de moduler les contributions financières dont la TVA en favorisant les biens réparables et en pénalisant les produits jetables,
- dinvestir dans les métiers de la réparation et soutenir particulièrement les filières dinsertion sociale
- dinciter les pouvoirs publics, à travers la commande publique (10% du PIB), à intégrer des critères d’économie circulaire

Autant de véritables leviers pour faire baisser les prix des produits de qualité et leur permettre d'être accessibles à tous !

Etes-vous d’accord avec l’idée de réorienter les investissements pour soutenir les activités zéro déchet, locales et intenses en emplois (vrac, consigne, réemploi, réparation...) ?

OUI.
La Commission européenne estime à  400 000 le nombre d'emplois pouvant être créés en France par l'économie circulaire et pour information  à 30 000 le nombre d'emplois qui pourraient être créés en Allemagne par le retour de la consigne pour les bouteilles de verre.
Le vrac, la consigne, les recycleries, la réparation sont des solutions écologiques à soutenir en matière de gestion des déchets.
 
Pour la présidentielle, nous avons porté la proposition d'un « Pacte d'intérêt général » alliant les acteurs de l'économie sociale et solidaire, les collectivités et l'Etat pour nous réapproprier ces communs, et investir ensemble dans ces nouvelles activités. Je soutiens également pour l’Europe, la proposition d'un plan de 1 000 milliards d'euros d'investissement intégralement dédiés à la transition écologique. Ces propositions permettront à la France d'emprunter, réellement, la voie du zéro déchet !

Etes-vous favorable au fait d’augmenter la taxe payée par les producteurs de déchets (TGAP) pour l’incinération ou la mise en décharge, afin de rendre le recyclage et la réduction en amont économiquement plus intéressants ?

OUI. Si la France a été pionnière en matière d'incinération, elle doit aujourd’hui, prendre le pas du zéro déchet, du réemploi et du recyclage et devenir exemplaire.
Il convient d'abord, mettre un terme à l'enfouissement et la mise en décharge.
Ensuite, de sortir de l'incinération, cette industrie émettrice de particules fines qui entrave la transition vers le zéro déchet.
Et enfin de développer de nouveaux emplois respectueux de ces ressources naturelles que nous gaspillons !
L'avenir est au zéro déchet : la nature le requiert, les citoyens le plébiscitent. Nous devons revoir notre fiscalité, notamment la TGAP, pour accompagner cette transition, et revoir les projets de construction d'infrastructures de traitement. Entrons dans l'ère du « tout réemployé, tout recyclé » !

Etes-vous prêt-e à soutenir l'élaboration d'un scénario national Zéro Déchet organisant la réduction des capacités de traitement, dans la mesure où la production de déchets a tendance à baisser en France ?

OUI, pleinement.
Outre les propositions intéressantes que vous formulez, je me permets d’y ajouter deux éléments :
d'une part, la modification du rôle des syndicats de traitement des déchets pour que le réemploi, la revalorisation, la réparation et et le recyclage soient leur mission première.
d'autre part, la révision du statuts des éco-organismes, pour permettre aux citoyens et aux acteurs de la revalorisation, notamment issus de l’économie sociale et solidaire, de contribuer réellement à l'élaboration des politiques qui y sont mises en place.
Candidate dans le 20eme arrondissement sur la 15e circonscription de Paris,  je porterai, une fois élue députée, cette politique du Zero-déchet à l’Assemblée nationale. 



Tiphaine Ducharne

Tiphaine Ducharne est créatrice d'une conférence gesticulée intitulée "des déchets et des hommes". Elle est responsable des sujets déchets pour la France Insoumise. Elle est candidate dans la 4ème circonscription de Savoie. 





Souhaitez-vous soutenir activement le développement du tri à la source des biodéchets pour toute la population ?

Oui ! Ce geste de tri est le plus pédagogique qui soit, puisqu'on peut visualiser ce que devient la matière, qui retourne à la terre et est donc immédiatement profitable. Le compostage et le paillage permettent d'accéder ensuite à une connaissance simple de la micro faune et flore du sol. C'est ce rapport au cycle naturel qui est particulièrement intéressant, à l'échelle de tout-e citoyen-ne. A une échelle globale, le déficit en humus me semble une des priorités à traiter, en particulier pour la France Insoumise qui souhaite le soutien à l'agriculture paysanne et biologique. Les bénéfices pour la préservation des sols ainsi que leur humidité, la limitation des émanations de CO2...  Cependant, la loi de transition énergétique ne donne pas pleinement les moyens aux collectivités d'organiser ce tri, laissant le champ libre à la concurrence, aux projets industriels, là où la coopération et une myriade d'associations et le réseau compost citoyen pourraient mobiliser les citoyen-nes en cogestion avec les collectivités.

Etes-vous favorable au fait de moduler les contributions financières payées par certains fabricants de biens de consommation en fonction de la durée de vie des produits, de leur réparabilité et de leur recyclabilité ?

Oui... Plus précisément, il me semble qu'il est possible d'empêcher la mise sur le marché d'objets ne respectant pas un minimum de critères : ne pas utiliser de matériaux dangereux, et "critiques" (dont la raréfaction devient trop forte), durée de vie et réparabilité maximales calculées selon la durée de vie et la rareté des matériaux, respect d'un pourcentage de matériaux recyclés pour la confection de l'objet etc. Pour organiser la transition vers un système de label permettant la mise sur le marché, il est clair que la taxation modulée des fabricants est indispensable. Pour les députés insoumis, c'est la question de la règle verte qui est en jeu (ne pas prendre à la terre que ce qu'elle peut reconstituer), ainsi que de la paix : Bien des minerais qui constituent des objets de simple loisir en France, sont au cœur de conflits terribles, de trafics mondiaux, ou de la préservation de sites naturels comme en Guyane avec le projet démentiel "montagne d'or". C'est aussi pour cette raison que nous travaillons étroitement avec la CGT des douanes et sommes actifs contre les traités commerciaux internationaux (TAFTA, CETA etc), qui ne permettent pas de faire respecter des normes environnementales et laissent prospérer le second trafic mafieux du monde, celui des déchets.

Etes-vous d’accord avec l’idée de réorienter les investissements pour soutenir les activités zéro déchet, locales et intenses en emplois (vrac, consigne, réemploi, réparation...) ?

Oui, mille fois ! Et pour être concernée personnellement par la création d'une recyclerie, je sais le chemin de croix qui consiste notamment à trouver les locaux (et à les payer...), tout autant que de créer une épicerie de produits en vrac et locaux, qui subit une concurrence déloyale des grandes surfaces qui sont sur des segments très rentables en exploitant de façon très peu éthique le travail des hommes et les ressources naturelles.
Donc cette réorientation doit se faire. Il y a bien des manières de la mener, à moyen et long terme, je trouve la méthode de Bernard Friot très intéressante, qui en socialisant toute la plus-value, donne le moyen aux citoyens eux mêmes de faire les choix y compris par bassin de vie, des entreprises à financer ou non (sur le modèle originale de la gestion de la sécurité sociale).

Etes-vous favorable au fait d’augmenter la taxe payée par les producteurs de déchets (TGAP) pour l’incinération ou la mise en décharge, afin de rendre le recyclage et la réduction en amont économiquement plus intéressants ?

Oui, cela me parait une évidence. Cependant, tant que les services de traitement des déchets seront gérés majoritairement délégations de services publics, cette hausse se répercutera sur la collectivité et donc les impôts locaux. Pour que cette hausse soit efficace, il faut interdire le renouvellement des contrats de DSP et reprise en régie publique intégrale de ces services. L’État peut-être vigilant et organiser de façon progressive (mais rapide) ce passage. (C'est également sur cette piste que la France Insoumise travaille concernant la gestion de l'eau).

Etes-vous prêt-e à soutenir l'élaboration d'un scénario national Zéro Déchet organisant la réduction des capacités de traitement, dans la mesure où la production de déchets a tendance à baisser en France ?

Oui, bien sûr. Précisément, la démarche qui est celle de toute la France Insoumise (et donc pas seulement la mienne en Savoie), est celle de la co-élaboration des lois. Nous organisons des ateliers des lois avec les citoyen-nes, en proposant aux personnes actives dans les associations, les syndicats, entrepreneurs de l'économie circulaire etc de participer en tant qu'experts. Avec les méthodes de l'éducation populaire, nous permettons à tous et toutes de se mettre à un niveau de compréhension des enjeux et de technicité suffisant pour travailler sur un morceau de loi. Les textes sont ensuite mis en ligne et travaillés de façon collaborative en ligne. C'est à dire que le projet de loi zéro déchet (qui peut revêtir des aspects constitutionnels, de loi nouvelle ou de renforcement des moyens pour l'application de la loi existante) sera non seulement porté par les députés France Insoumise, mais travaillé de façon à associer un maximum d'acteur/trices et de citoyen-nes intéressé-es par le sujet.
Pour plus d'infos : https://avenirencommun.fr/latelier-des-lois/




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