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Tri à la source des biodéchets : l’ADEME publie des recommandations à destination des collectivités

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La Loi de transition énergétique votée en 2015 prévoit qu’à l’horizon 2025, chaque citoyen devra disposer d’une solution pour trier ses déchets alimentaires et de jardin (biodéchets) séparément, en vue de leur valorisation sous forme de compost ou de biogaz. Pour les collectivités qui organisent le service public de gestion des déchets, cette obligation implique de développer de nouveaux dispositifs pour trier un troisième flux de déchets.

Et le chemin à parcourir reste important : l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) estime que les biodéchets des ménages représentent 18 millions de tonne par an, dont une part importante n’est pour l’instant pas valorisée. Les biodéchets représentent ainsi 40% des ordures ménagères résiduelles (envoyées en décharge ou en incinérateur), et seulement 7% de la population française a accès à une collecte séparée des biodéchets.

Afin d’accompagner les collectivités dans le déploiement de ce nouveau tri, l’ADEME a publié début mai une note contenant des recommandations opérationnelles.

Un panel d’outils complémentaires


L’agence souligne tout d’abord que les collectivités ont à leur disposition différents outils pour répondre à l’obligation de tri à la source des biodéchets : compostage domestique directement chez l’habitant, compostage de proximité ou bien collecte séparée des biodéchets en porte à porte ou en apport volontaire. Ce panel de solutions permet de sélectionner celle qui sera la plus adaptée aux caractéristiques du territoire (par ex. le compostage de proximité en zone rurale isolée), en gardant à l’esprit que ces outils sont complémentaires et peuvent également être mis en place de manière concomitante sur un même territoire. La lutte contre le gaspillage alimentaire n’est pas non plus à négliger et doit venir en priorité pour réduire en amont les quantités de biodéchets à trier.

L’ADEME insiste ensuite sur le rôle des collectivités dans le déploiement d’un tri à la source efficace et adapté aux contraintes du territoire. Ainsi, l’agence préconise de commencer par faire un état des lieu du territoire, pour recenser les initiatives existantes de lutte contre le gaspillage alimentaire, évaluer le gisement de biodéchets potentiel et ses débouchés et connaître les quantités de déchets organiques encore présentes dans les ordures résiduelles grâce à une caractérisation des déchets. Cet état des lieux permet ensuite de tirer des objectifs de déploiement de solutions de tri à la source et un plan d’action, qui pourra être expérimenté rapidement dans un quartier pilote.


Un suivi nécessaire


Pour que l’opération soit un succès, l’agence estime nécessaire de conduire des campagnes d'information soutenues et réitérées auprès des usagers et de prévoir des moyens humains à la hauteur des enjeux. Ceci vaut notamment pour le compostage de proximité, pour lequel les collectivités ne doivent “plus se concentrer uniquement sur la distribution de matériel de compostage, mais bien la compléter par la connaissance des usagers sur la pratique en tant que telle”. Les autorités compétentes doivent ainsi assurer le suivi et la pérennité de la démarche, au même titre que l’évaluation de son efficacité.


Un nouveau tri à coût constant


En ce qui concerne le coût de ce nouveau dispositif, les différents retours d’expérience analysés amènent l’ADEME à conclure que la mise en oeuvre du tri des biodéchets peut être réalisée à coût constant pour les collectivités, notamment grâce aux économies sur le traitement des ordures ménagères résiduelles (dont les quantités seront en baisse), qui coûte sensiblement plus cher que la valorisation des biodéchets. Le développement du tri à la source peut également permettre de réorganiser de manière globale le service public de gestion des déchets et de diminuer les fréquences de collecte des ordures ménagères résiduelles. L’agence souligne enfin que l’introduction du tri des biodéchets a tendance à améliorer les performances de tri du reste des recyclables. Les dépenses d’investissement dans du nouveau matériel peuvent par ailleurs faire l’objet d’un soutien financier de l’agence.


Enfin, le document de recommandation rappelle que la tarification incitative est un levier très puissant pour faire évoluer les comportements des usagers et peut venir soutenir de manière efficace le déploiement du tri des biodéchets.




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