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Les bouteilles en plastique, bientôt vestiges du passé ?

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Chez Biocoop, c’est fini : les bouteilles d’eau en plastique ont disparu des rayons depuis le 1er janvier. Et ailleurs ? Pour enrayer le gaspillage croissant lié aux bouteilles jetables, des mesures sont prises ici et là par des acteurs publics ou privés.


Un emballage qui pèse lourd

En France, le marché de l’eau en bouteille est en croissance : 7,7 milliards de litres consommés en 2015 (soit 118 litres par habitant), contre 5,5 milliards en 2011.

Environ 150 000 tonnes de plastique sont ainsi consommées, et autant de déchets produits, l’équivalent de 15 tours Eiffel ! Dans le meilleur des cas, ces bouteilles sont recyclées, ce qui réduit légèrement leur impact environnemental, qui, avec la consommation de ressources et le transport de bouteilles induit, reste cependant jusqu’à 1000 fois supérieur à celui de l’eau du robinet. Et dans le pire des cas, les bouteilles sont mises à la poubelle non triée (et donc brûlées ou envoyées en décharge), voire abandonnées dans la nature. Les bouteilles en plastique font ainsi partie des 10 déchets les plus fréquemment retrouvés sur les plages lors des campagnes de nettoyage annuelles menées par la Surfrider Foundation.

L’impact environnemental est donc lourd, multiple, et de plus en plus conséquent du fait de l’augmentation des ventes. Certains acteurs ont choisi d’enrayer ce processus.

Côté vente de bouteilles : une démarche d’arrêt volontaire, ou rendue obligatoire

Par souci de cohérence avec sa démarche écologique, le réseau de distribution Biocoop a décidé de prendre une mesure radicale. Depuis le 1er janvier 2017, les bouteilles d’eau en plastique ont disparu des rayons de l’ensemble des 431 magasins du réseau, qui explique son choix à sa clientèle au travers de ce calculateur d’impact individuel. Cette décision de « décommercialisation » à grande échelle est une première en France mais fait suite à une initiative similaire de la chaîne de grands magasins Selfridges au Royaume-Uni.

De manière plus fréquente, ce sont les autorités publiques locales qui sont à l’origine de l’arrêt de la mise en vente de bouteilles d’eau dans certains lieux publics. Dans de nombreux parcs nationaux nord-américains par exemple, ou dans le cadre de manifestations sur l’espace public, comme à San Francisco, la vente de bouteilles est interdite au profit de nombreuses fontaines à eau gratuites. A Concord (Massachusetts) ce sont les petits formats (moins de 1 litre) qui sont visés par une interdiction.

Côté achats : des changements d’habitude individuels ou collectifs

Sans attendre l’arrêt des mises en vente, chacun peut bien évidemment faire le choix d’opter pour l’eau du robinet et les accessoires qui facilitent sa consommation nomade, ou améliorent sa qualité. Bouteilles réutilisables au design attrayant, gourdes traditionnelles, filtres de robinets ou de carafe… permettent ainsi d’économiser du plastique, et de l’argent ! Une consommation à hauteur de 2 packs d’eau en bouteilles par semaine représente ainsi un budget annuel compris entre 130 et 370 euros selon les marques, contre… 2,8 euros pour de l’eau en carafe.

Même constat du côté des politiques d’achat des entreprises ou des administrations : les économies peuvent être un argument de choc pour privilégier des solutions réutilisables. La ville d’Hambourg en Allemagne a ainsi décidé de ne plus acheter un seul produit jetable. Capsules de café, vaisselle jetable et bouteilles d’eau sont ainsi bannies de ses achats publics.

Photo:  © Mother Nature Network

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